La quete du Graal

Aujourd'hui était une journée pleine de bonnes augures. Levée dès l'aube malgré le fait que je ne travaillais pas, j'ai assisté enfin à la délivrance de la fenetre bloquée depuis des mois. Oh joie, Oh bonheur.. Oh que la lumière du jour est agréable une fois que ces sept mois et demi de poussière et de pollution collés sur l'extérieur des vitres furent effacées, en quelques minutes, par mes soins.

J'ai poursuivi alors par ma visite quasi hebdomadaire à la laverie du quartier, mais cette fois-ci bien plus tot que d'accoutumée. Je pourrais ajouter a mon hypothétique thèse sur "la faune citadine et ses gestes de survie" que la population matinale des laveries est identique à la population matinale s'agglutinant contre le rideau de fer du supermarché voisin, attendant impatiemment l'ouverture : principalement des personnes retraitées revendicatives des priorités dues a leur age..

Un vendredi n'est pas coutume, voici donc que j'avais une longue apres-midi libre devant moi, sans autre obligation, sans retrouvailles d'amies, une apres-midi d'entiere liberté.
Depuis quelques jours l'envie me trottait en tete, de plus en plus forte. Je suis donc partie en ballade jusqu'à la jardinerie la plus proche : c'est à dire a une bonne demi-heure de marche, si j'ai le vent dans le dos..
Je jette un oeil a mes godillots et à leur état d'usure plus qu'avancée, et j'estime que quelques kilometres supplémentaires ne leur seront pas fatal, pas encore..
Je m'arme de mon parapluie, levant le nez au ciel et scrutant sa couleur qui n'a rien d'azur.. prudence..
J'emmene mon fidele Valentin avec moi : outil indispensable pour me tenir compagnie tout en me servant de rempart contre le monde extérieur (je precise que j'affuble de ce surnom mon lecteur mp3, recu le jour de la fete du Saint du meme nom, ceci explique cela pour ceux qui ne le savait pas encore..)..
et me voila partie !

Il y a bien longtemps que je n'ai pas mis le nez, ni les pieds, dans une jardinerie. Elle n'est pas desagréable cette atmosphere legerement chaude et humide, quelle joie de sentir le parfum des fleurs, de m'offrir une overdose de chlorophylle.
Mon choix se fait rapidement. Un petit lierre d'intérieur, trois plantes aromatiques qui offriront un peu de vie et d'odeur a mon coin cuisine et à sa fenetre de nouveau fonctionnelle, un pot (pour le lierre), deux mini-jardiniere (pour les aromatiques) et du terreau (pour tout le monde).

Je parcoure le magasin accompagnée d'un serviable vendeur venu a ma rencontre, tandis que j'étais partie a la quete de mon Graal, et engageant la conversation sur le fait qu'il me connaissait, tout du moins de vue, etant donné qu'il me voyait passer chaque matin a tel endroit, allant en direction de telle rue..
Ce n'est pas toujours facile d'etre une "people" mais parfois c'est utile quand on veux un renseignement.. (humour et private joke ^^). Je lui ai quand meme precisé que je n'empreintais plus ce chemin depuis un an à présent, rassurée que ma disparition ne l'ai pas inquiété outre mesure.. a moins que mon spectre erre encore dans les brumes matinales de mon ancien quartier (cette supposition me plait bien..).

Passage en caisse obligé, je depose mes achats les uns apres les autres, avec soin et precaution. Un grand moment de solitude m'ettreint alors que je reclame un sac pour transporter le tout, et que la caissiere m'informe qu'ils n'en distribuent plus (...) mais elle s'empresse de me présenter à la place un joli.. carton. Une planche en carton qu'elle plie et met en forme en quelques secondes : me voici proprietaire de.. comment dire.. un large plateau a rebords ou sont prevues deux ouvertures laterales pour les mains, decoré du nom de la jardinerie bien en evidence.. mon plateau de verdure donc..

C'est dans des moments comme ça que la vie d'une pietonne prends tout son sens..

Je quitte la caisse d'un long soupir, les yeux rivés sur mes achats qui me paraissent tout a coup tres nombreux, mon sac, mon parapluie, et bien sur mon fameux plateau dont la solidité me semble suspecte. Bien sur je suis pour la nature, l'environnement, bien sur c'est 100 % recyclable et biodegradable.. mais c'est juste pas du tout pratique !

Mes quelques kilometres en sens inverse me paraissent alors bien longs, et qu'importe cette fois que le vent soit de face ou de dos.. J'avance doucement tenant ce support d'infortune devant moi, sans voir ou je pose mes pieds, faisant des haltes reguliere pour reequilibrer le tout, soulager mes mains en les positionnant autrement, remonter mon sac glissant regulierement de mon epaule, priant le ciel pour qu'il ne se mette pas a pleuvoir -ce serait le summum- , qu'un lacet de mes godillots craque, ou que le carton cede a cause du poids..
Et il est bien là, le poids.. je le sens bien dans mes bras aux biceps sous-developpés.. d'ailleurs demain je vais avoir des courbatures, c'est certain ! Et puis c'est ecologique le carton, mais je vous assure que ca coupe les doigts, il n'ont pas du non plus y penser à ca.. d'ailleurs demain je vais aussi avoir des cloques, c'est presque certain !

Je suis quand meme arrivee au bout de mon periple, sans avoir rien perdu de mon precieux fardeau..
J'ai simplement ressenti la vague impression d'avoir été tout au long du chemin une representante pour produits vegetaux et articles de plantations, sponsorisée par cette grande filiale bien connue ^^
Je le savais bien pourtant que la quete du Graal n'est jamais facile..

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Eternelle adolescence

Il fait encore nuit dehors. C'est a peine si je croise mon regard dans le miroir, mon corps obeit aux gestes repetitifs de chaque matin, plus ou moins nonchalement.. mais deja mes pensées errent malgré cette impression de brume matinale autours de moi.

Les vacances scolaires de ce mois de fevrier touchent a leur fin, et je pensais alors a mes années d'etudes passées. A celles qui me viennent toujours a l'esprit en tout premier, les trois meilleures a mes yeux, puis aussi toutes les autres. Ces trois années là sont gravées sous le signe de l'amusement, l'amitié, la bonne ambiance. A aucun matin je n'avais rechigné a me lever : heureuse du simple fait de retrouver ce petit groupe d'amies que nous formions, et de passer une bonne journée ensemble, au milieu des autres, des cours et des professeurs. L'ensemble me laisse un souvenir des plus agreable.
A cette epoque je comptais les jours de vacances, car voila alors que nous etions coupées les unes des autres. L'internet ne fesait pas parti du quotidien, encore moins le telephone portable.. et le telephone fixe était reservé aux cas d'urgence... mais aussi incroyable que cela puisse paraitre de nos jours, nous etions heureuses (!!!). Et quelle joie de nous retrouver apres ces quelques jours de separation, pretes pour de nouvelles aventures..

Ce matin, je suis partie travailler, comme tous les matins..
La moitié de mes "collegues/ami(e)s" profitent de quelques jours de congés, une autre partie sera absente pour cause de temps partiel, je decompte les malades..

Tout evolue mais rien ne change vraiment dans le fond..
Les pauses cigarettes et café ont remplacé les recrés et les inter-classes ; Les chefs supervisent les devoirs qu'ils nous donnent : a defaut d'en avoir la liste à la fin de chaque heure de cours, ils se regroupent lors de la distribution bi-quotidienne du courrier ; Le conseil de classe s'est muté en notre fameuse notation annuelle : face a face avec notre superieur qui nous congratule de quelques bons points mais aussi de reprimandes, il nous oblige a trouver des objectifs qui nous ferons nous surpasser encore l'année prochaine.. en echange nous devons lui prouver encore et encore que la motivation professionnelle nous habite.. ; Le midi les garcons regardent les filles, les filles regardent les garcons, les garcons parlent entre eux et se lancent des regards entendus, les filles parlent de trucs de filles et gloussent..

Non, il est vrai que rien ne change..

Et ce matin seule dans mon bureau trop calme, une pensée bien adolescente m'est venue a l'esprit.. vivement la rentrée !!

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Vol au dessus d'un nid de coucou

Hier je regardais d'un oeil distrait l'ensemble de ma videotheque et de ma dvdtheque, si on veux actualiser le terme. Et je me suis dit qu'il serait bon de revisionner la plupart des films qu'elle contient... simplement parceque ma mémoire n'est pas infaillible et que pour certains titres j'avoue avoir quelques moments oubliés, meme si je sais que ces films sont dans mes favoris, depuis des lustres parfois. Et d'ailleurs, quelques années plus tard, les reverais-je avec le meme plaisir ??
Je me suis alors decidée à en regarder au moins un chaque dimanche, durant les quelques heures qui me reste a tuer, et d'en faire ici un petit article.

Pour le tout premier, mon choix s'est arreté sur "vol au dessus d'un nid de coucou" de Milos Forman (1975). Un film magnifique, dramatique, regroupant un panel d'excellents acteurs : Jack Nicholson, Louise Fletcher, Danny de Vito, Christopher Lloyd, ainsi que Brad Dourif dans son premier role au cinema.

McMurphy (Jack Nicholson) se retrouve interné en vue d'une evaluation psychiatrique. On decouvre avec lui l'univers froid et clos dans lequel vivent ces malades, rythmé par les heures de therapie de groupe, les medications abrutissantes, l'insensibilité des surveillants et soignants.
L'arrivee de McMurphy derangera ce systeme, reveillant peu a peu l'ensemble des pensionnaires. Un hymne a la liberté en bout de course, de quelque maniere qu'elle puisse se vetir..

Un film que j'ai revu avec emotion, un film fort et dur, qui merite bien les 5 oscars qu'il a recu.  

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Aux oubliés de l'amour..

Impossible d'echapper au matraquage publicitaire de ces derniers jours : publicité visuelle, audio, par mails sauvages.. tous les moyens sont bons pour forcer l'hypothetique client qui se sentira obligé de depenser pour faire plaisir a son (sa) amoureux(se) du moment. Voici le jour de la Saint Valentin. Je vais faire abstraction du coté futile et mercantile de cette fete, je pense -et surtout j'espere- que mes rares lecteurs partagent mon avis : les sentiments ne se mesurent pas au nombre ni aux depenses faites en cadeaux divers..

Je reste partagée vis a vis de cette fete..
Mon coté romantique (oui il existe, meme si je m'applique a le cacher au mieux au fond de ma carapace..) s'extasie devant le bonheur simple des amoureux. Et meme si je peux paraitre entetee sur certains points bien definis de ma vie, je me surprends parfois a rever en les regardant.. peut etre qu'un jour moi aussi..

Mais l'espoir retombe souvent bien vite.
En cette journée ou il est bon ton de lancer son bonheur amoureux a la face du monde, je pense a ceux qui sont seuls et qui en souffrent..  Les mal aimés, les non aimés..

Il est facile de faire abstraction de Noel, pour simple excuse de n'avoir pas de famille.. c'est la fatalité.
Il n'est pas tellement difficile d'echapper au jour de l'an, pour cause de travail, de non-envie, on le fetera mieux une prochaine fois.. c'est un choix.
Il peut etre douloureux pour certains d'avouer qu'on ne fete pas la St Valentin par manque d'amoureux.. tout comme l'année precédente, tout comme la suivante certainement..
Il suffit de si peu de chose pour ne pas avoir droit au bonheur.. quelques différences qui nous rangent au banc des handicapés de l'amour. Toutes ces personnes qui finissent alors par trainer un coeur trop lourd, a force de ne pouvoir le partager.

Ce soir je reste seule chez moi a ecrire ces lignes. Soirére banale se resumant aux courses de survie parmis d'autres solitaires.. m'etonnant moi-meme d'arriver à présent a les detecter au simple contenu de leur panier ; au dérapage alimentaire ruinant en quelques minutes les efforts d'une semaine, suivi d'un bon bain delassant..
Je pense a mes amies seules aussi chez elles. Je sais que leur soirée est semblable a la mienne.
Ce matin au travail, je leur ai simplement dit que je les aimais..
J'ai révé d'une vie plus belle parfois, pour elles et moi..
J'ai juste parfois révé d'amour.

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A l'oubliée..

 

Je ne sais plus depuis combien de temps
Je ne sais plus qui m'y a jetée
Peut-etre moi-meme.. un soir d'été..

Les autres ne me voient pas, pour eux je n'existe pas

Laisse-moi hanter tes nuits
Laisse-moi devorer ton ame, dans tes reves me glisser
Je me reveille rien que pour toi..
Pour laisser sur ton corps l'empreinte de mes baisers
Te consumer jusqu'au petit matin.. et de nouveau disparaitre..
Replonger dans ce sommeil de mort, bercée de ton odeur

Les autres je ne les voient plus car dans ce monde je n'existe pas

A moins que ce ne soit toi...

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