ELLE

Elle aime cette saison quand la nuit tombe de bonne heure. D'un pas nonchalant et ondulant Elle avance au rythme d'une douce musique des temps passés. Les hommes qui la croise et lui adresse un bonjour respectueux ne recevront pour toute réponse de sa part qu'un leger sourire accompagné d'un battement de cils, jamais plus car Elle n'est guere prolixe avec les inconnus.

Elle continue son chemin dans cette semi-obscurité, parfois presque totale lorsqu'Elle empreinte une ruelle un peu plus sombre encore qui la mene vers sa demeure. Cette saison la rassure, les arbres commencent à abandonner leurs feuilles formant un tapis sous ses pas, elle n'ecoute rien mis a part cette musique, silhouette sombre cachée parmi les ombres, Elle est une fille de l'automne et la nuit lui est protectrice. Elle regarde son ombre la devancer : double d'Elle-meme rampant a ses pieds tel un fantome prenant vie sous les rayons de lune.

Elle aimerait marcher encore longtemps dans la nuit, sans but, juste une ballade car le temps est encore tres doux pour la saison. Ou meme s'offrir une longue promenade en campagne, en foret, juste pour admirer les habits d'automne que portent les arbres, ecouter le silence, observer la nature se preparant a affronter la saison d'hiver.. et Elle.. si minuscule au milieu de tout ce petit monde. Mais avec qui partager ces moments ? Son ame soeur reste au loin, dans un monde qu'elle ne cotois pas. Pense-t-il a Elle parfois ? Que fait-il a ce moment meme lorsque ses pensées s'egarent ??? Existe-t-il, tout simplement ?

Elle.. Elle allume les bougies afin d'eclairer cette piece. La plume glisse avec un leger bruit sur ce papier qu'Elle tient de son autre main, posée sur son ecritoire ancien. Ambiance douce et feutrée, rassurante. Un parfum d'encens accompagne les craquements rassurant du bois dans la cheminée, et bientot l'odeur si douce des chataignes grillées ne sera qu'un souvenir de cette soirée d'automne. Une soirée parmi tant d'autres.. et Elle au milieu de sa solitude.

aucun commentaire - aucun rétrolien

Deconnexion

Plusieurs jours deja, bientot deux semaines, que ma connexion internet me fait defaut. Inlassablement je guette du coin de l'oeil le voyant du modem passant sans relache du rouge a l'orange.. atteignant bien difficilement la couleur verte esperée. Et quand la chance me sourit et qu'enfin Oh oui la couleur tant attendue apparait, elle ne me laisse parfois meme pas le temps d'ouvrir ma boite mail, taper mes codes... et la voila deja disparue pour plusieurs heures, à mon grand desespoir.

Autant dire que je me sens coupée du monde.
Le net est un formidable acces aux informations, à la musique, aux arts, aux echanges entre amis, aux rencontres diverses. Je vais passer rapidement sur le coté negatif de la chose, mais il est vrai que le net est aussi un moyen de contaminer notre ordinateur par divers virus, se faire pirater, croiser des personnes aux apparences trompeuses, voire dangereuses... la prudence s'impose quand meme ne l'oublions pas.

Est ce qu'internet rapproche les gens ou au contraire les eloigne...
Vaste debat, a mon humble avis le net est un savant melange de ces deux possibilités, a conditions de ne pas plonger dans les extremes.
Je ne suis pas encore de ceux qui font tout par internet, mais je pense que nous en prenons bien le chemin... facile apres d'imaginer un univers ou chacun resterai chez soi, reliés par nos ordinateurs : etudes et travail a domicile, courses livrées, paiement automatique de chaque factures, etc...
Cette evolution matérielle finira-t-elle par nous rendre totalement etrangers les uns aux autres ?

Et oui je me sens coupée du monde. N'étant pas une acharnée du téléphone, je guette encore ce voyant qui ne veux point prendre la couleur espérée : signe qui me donnerai l'occasion de dialoguer quelques minutes avec mes amis au loin ; de poster mes pensées quelquepart sur la toile ; d'ecouter de nouvelles musiques et suivre l'actualité de mes groupes favoris..

Mais est-ce vraiment là l'important ??

aucun commentaire - aucun rétrolien

Fin de semaine

En descendant lentement le grand escalier en spirale aux bordures vitrés tronant au centre de cette verriere immense, je regardais dehors ceux qui venaient de quitter cette fourmiliere et pressait le pas pour se plonger sans retenue dans ces premieres heures du week-end. Allaient-ils y retrouver leur amis, famille, occupations favorites, prendre le temps ou encore courrir ?

Mes premieres minutes de week-end ont été marquées par le signe de la course : pas toujours simple d'allier vie de pietonne et horaires de magasin, comptant les alleas du temps d'attente dans le premier, la vitesse maximale de marche que peut pretendre tenir le plus longtemps ce corps chargé de la fatigue journaliere (cumulée a celle de la semaine, sans oublier le poids de mes godillots taille 39, et sans oublier le poids de tout le reste..) pour arriver au second magasin avant sa fermeture, sans pour autant ressembler à une marathonnienne deshydratée au visage ecarlate.
Les prochaines heures a venir seront plus douces donc, placées sous le signe de l'ecriture et de la lecture pour ce vendredi soir... Pour ce qui est du reste de ces deux jours de repos, je n'en ai encore aucune idée... l'imprevu leur est souvent synonyme.

Je fais le bilan de cette semaine de travail passée dans les nouveaux locaux.
Arrivée de bonne heure le premier jour et rassurée d'atteindre facilement l'acces à mon batiment, je n'ai guere perdu de temps avant de trouver ou étaient dispersées mes collegues ; notre materiel informatique a été vérifié rapidement afin que nous soyons opérationnels ; message de bienvenue par Email ; Pot de bienvenue le matin meme ; nous etions destinataires le lendemain de nos clés de bureau, du mode d'emploi du chauffage et de la clim, etc. Des locaux neuf venant juste d'achever leur construction, aux couleurs représentatives, un materiel informatique des plus moderne.. l'impression de penetrer dans un monde parfait aux rouages sans grain de sable, une fourmiliere ou chacun connait ses taches bien définies, ou le bataillon des nouvelles recrues est passé au peigne fin et dirigé dans le droit chemin.
Tout parait propre et asseptisé.. que tout est beau vu de haut.
Je me sens encore bien etrangere au milieu de ces "costard-cravate" et autres "coincés du col" tandis que je m'amuse a dechiffrer les regards qui me croisent : un tres large echantillon de la gamme allant de l'indifférence a la surprise, puis prenant un des deux seuls chemins possibles entre l'appreciation ou son contraire ; sans oublier l'éternelle tentative d'approche masculine se resumant a cette phrase fétiche "il est joli votre tatouage..." ; Je prefere en rire tandis que je me demande encore ce que je fais parmis eux.

aucun commentaire - aucun rétrolien

Mais demain...

Une nouvelle semaine prend fin.. Demain matin le reveil me sortira prestement du sommeil pour que je me prepare a rejoindre mon nouveau lieu de travail. Cela me laisse un arriere gout d'injustice : je vais y croiser d'autres personnes, peut etre de nouvelles amitiés bien que je sois pratiquement certaine du contraire, mais en contrepartie il me faut laisser ici celles qui comptaient pour moi. Certes il y a d'autres moyens de se voir, mais je me sens comme une enfant qui serait punie, bientot tenue eloignée et enfermée de ceux qu'elle aimait...

Les chants de Dark Sanctuary m'accompagnent, ambiance feutrée au parfum d'encens, la nuit est là à présent et la pluie frappe le sol en un rythme regulier. Certains diront qu'il est des musiques plus gaies pour achever un week-end passé entre amis, je leur repondrais qu'il est des musiques moins adaptées pour stimuler mon inspiration parfois en sommeil...

Parcequ'un seul regard peut arriver a nous faire renaitre de nos cendres,
Parceque j'aurais aimé croiser ce regard encore et encore.. mais demain ..

aucun commentaire - aucun rétrolien

A quand...

Le jardin commence a prendre ses teintes d'automne. Inextricable fouilli de feuilles et de vegétations diverses au milieu desquelles je tente de mettre un semblant d'ordre.. juste un semblant car j'aime laisser la nature dominer, elle en a si peu l'occasion dans nos villes.

Apres avoir quelque peu debroussaillé cet univers je m'accorde une pause, assise sur le bord de la terrasse. Stylo et bloc à la main, cela me parait etrange d'ecrire ainsi. L'habitude du clavier certainement, mais une panne d'internet depuis quelques jours me pousse a changer mes habitudes, a cotoyer d'autres plaisirs simples parfois mis de coté.

Le plaisir de sentir cette odeur de brulot au loin. Je ferme les yeux tandis que mes narines inhalent tout a loisir cette odeur douce et entetante. Elle me donnerait meme l'envie de me poser devant une cheminée, entendre craquer le bois qui se consume tandis que je discuterais en agreable compagnie... et je souris en pensant a l'unique personne avec laquelle j'aimerai partager ce moment.
Le plaisir d'ecouter le vent a travers le feuillage, soufflant cette rafale qui tourne mes pages ; ecouter aussi le pepiement de ces moineaux qui se demandent à quel moment je vais enfin partir pour qu'ils puissent s'abreuver tranquillement dans la coupelle remplie d'eau fraiche à leur intention.
Le plaisir mélé d'un soupcon de peur quand mon regard s'est posé sur cette epeire tronant en plein centre de sa toile parfaite, il faut bien l'avouer.
Le plaisir de regarder ces pages se noircir d'une ecriture que je peine a reconnaitre. Certes c'est la mienne, mais si peu utilisée a présent qu'elle me semble malhabile et etrangere.

Le ciel s'assombrit quelque peu et un frisson me parcourt le dos. Je regarde a nouveau le tout debut de cette nouvelle fresque qui teinte mon bras : ronces parcourant les chairs, finiront-elles par m'avaler entierement ? Femme demone/vegetale cachée aux yeux du monde dans son jardin secret. Mimetisme parfait avec cette nature qui l'entoure, la protege, la rendrait meme invisible totalement ?

Des feuilles tombent a mes pieds tandis que le vent redouble de force. M'ordonnerait-il de rentrer ? Je tourne le regard vers ma gauche tandis qu'il semble manquer quelquechose.. une presence.. quelqu'un ?? L'impression d'avoir partagé des moments identiques, mais à la place d'un monologue lancinant sur papier, il me semblait échanger des mots, des pensées, et meme des rires. Un souvenir d'un moment passé ou encore un de mes reves ? Tandis que mon regard est attiré par cet insecte parcourant avec ardiesse l'entrelas d'herbe à mes pieds, une courte phrase traverse mon esprit "A quand maintenant... ?"

aucun commentaire - aucun rétrolien

Page précédente | 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 | Page suivante