Mais demain...

Une nouvelle semaine prend fin.. Demain matin le reveil me sortira prestement du sommeil pour que je me prepare a rejoindre mon nouveau lieu de travail. Cela me laisse un arriere gout d'injustice : je vais y croiser d'autres personnes, peut etre de nouvelles amitiés bien que je sois pratiquement certaine du contraire, mais en contrepartie il me faut laisser ici celles qui comptaient pour moi. Certes il y a d'autres moyens de se voir, mais je me sens comme une enfant qui serait punie, bientot tenue eloignée et enfermée de ceux qu'elle aimait...

Les chants de Dark Sanctuary m'accompagnent, ambiance feutrée au parfum d'encens, la nuit est là à présent et la pluie frappe le sol en un rythme regulier. Certains diront qu'il est des musiques plus gaies pour achever un week-end passé entre amis, je leur repondrais qu'il est des musiques moins adaptées pour stimuler mon inspiration parfois en sommeil...

Parcequ'un seul regard peut arriver a nous faire renaitre de nos cendres,
Parceque j'aurais aimé croiser ce regard encore et encore.. mais demain ..

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A quand...

Le jardin commence a prendre ses teintes d'automne. Inextricable fouilli de feuilles et de vegétations diverses au milieu desquelles je tente de mettre un semblant d'ordre.. juste un semblant car j'aime laisser la nature dominer, elle en a si peu l'occasion dans nos villes.

Apres avoir quelque peu debroussaillé cet univers je m'accorde une pause, assise sur le bord de la terrasse. Stylo et bloc à la main, cela me parait etrange d'ecrire ainsi. L'habitude du clavier certainement, mais une panne d'internet depuis quelques jours me pousse a changer mes habitudes, a cotoyer d'autres plaisirs simples parfois mis de coté.

Le plaisir de sentir cette odeur de brulot au loin. Je ferme les yeux tandis que mes narines inhalent tout a loisir cette odeur douce et entetante. Elle me donnerait meme l'envie de me poser devant une cheminée, entendre craquer le bois qui se consume tandis que je discuterais en agreable compagnie... et je souris en pensant a l'unique personne avec laquelle j'aimerai partager ce moment.
Le plaisir d'ecouter le vent a travers le feuillage, soufflant cette rafale qui tourne mes pages ; ecouter aussi le pepiement de ces moineaux qui se demandent à quel moment je vais enfin partir pour qu'ils puissent s'abreuver tranquillement dans la coupelle remplie d'eau fraiche à leur intention.
Le plaisir mélé d'un soupcon de peur quand mon regard s'est posé sur cette epeire tronant en plein centre de sa toile parfaite, il faut bien l'avouer.
Le plaisir de regarder ces pages se noircir d'une ecriture que je peine a reconnaitre. Certes c'est la mienne, mais si peu utilisée a présent qu'elle me semble malhabile et etrangere.

Le ciel s'assombrit quelque peu et un frisson me parcourt le dos. Je regarde a nouveau le tout debut de cette nouvelle fresque qui teinte mon bras : ronces parcourant les chairs, finiront-elles par m'avaler entierement ? Femme demone/vegetale cachée aux yeux du monde dans son jardin secret. Mimetisme parfait avec cette nature qui l'entoure, la protege, la rendrait meme invisible totalement ?

Des feuilles tombent a mes pieds tandis que le vent redouble de force. M'ordonnerait-il de rentrer ? Je tourne le regard vers ma gauche tandis qu'il semble manquer quelquechose.. une presence.. quelqu'un ?? L'impression d'avoir partagé des moments identiques, mais à la place d'un monologue lancinant sur papier, il me semblait échanger des mots, des pensées, et meme des rires. Un souvenir d'un moment passé ou encore un de mes reves ? Tandis que mon regard est attiré par cet insecte parcourant avec ardiesse l'entrelas d'herbe à mes pieds, une courte phrase traverse mon esprit "A quand maintenant... ?"

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Confidences de l'existence

Les effluves de l'encens au parfum boisé emplissent la piece.. j'observe son rougeoiment dans l'obscurité, avec pour simple eclairage la lueur d'une lampe vascillante et la lumiere de l'ordinateur, sous lesquelles se détache les silhouettes rassurantes des nymphes, gargouilles et autres pleurants que je devine m'observer.. fantomes immobiles semblant prendre vie aussitot mon regard détourné.

"Ys", les melopées lancinantes et feeriques de cette chanson resonnent dans l'absolu silence. Comment ais-je pu rester tant de semaines sans ecouter les "Secrets de Morphée" ? Ce groupe malheureusement dissous d'Heavenly Voices a su conquerir mon ame sans detour.

Les tambours de "Leiln" guident mes reveries vers une epoque revolue. Dehors la nuit est totale a présent, et je me demande qui pouvait bien demeurer dans cette maison au moment de sa construction, il y bientot un siecle. Peut etre qu'un soir d'automne une jeune femme seule laissait la melancolie l'envahir tandis quelle observait le vascillement de la flamme d'une bougie... et si un infime souvenir d'elle hantait encore ces pieces..

Je ferme les yeux tandis que j'écoute la musique. Voila encore un des nombreux moments ou la solitude est ma seule compagne, où je laisser errer mon esprit le plus loin possible, où le souvenir soudain d'un moment agreable de la journée passée esquisse un sourire sur mon visage : legers flocons d'un bonheur irreel de quelques minutes
puis mon regard se pose sur ce chat ronronnant de confort bien au chaud sur mes genoux..

A toi qui lis ces lignes à ce moment meme, lecteur muet de mes etats d'ame.. toi qui partage ces confidences de mon existence.. je me demande quelles peuvent etre tes pensées, quelle peux bien etre ta vie ? Et qui es tu tout simplement... Si un jour nos regards se croisaient, si en une apres-midi d'automne nos chemins se rencontraient... oserais-tu un pas vers moi.. ou bien me laisserais tu continuer mon chemin sans te retourner... ???

Une immence piece empoussierée par le temps, un mirroir terni habille le mur defraichi au dessus d'une cheminée, le souvenir de deux amants enlacés pour l'eternité dans une valse sans fin.. il me semble voir leurs silhouettes devenir plus vivantes tandis que les notes de "Morning Glories" passent et repassent inlassablement...

* Il est temps a present de poser pour ce soir cette plume virtuelle... *

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Decal'Age

Je n'ai plus vingt ans... Une phrase que je me surprends a repeter assez souvent ces derniers temps. Oui certes je n'ai plus vingt ans... Je suis d'accord avec le principe que l'age n'est rien, que ca releve de notre etat d'esprit, mais justement..

Parfois je me demande de quelle dizaine je suis..

Je n'ai plus vingt ans, l'age de la post adolescence, l'entrée dans le monde adulte, l'age ou l'on commence a se contruire une vie, d'avoir des projets alors que paradoxallement on est encore totalement insouciant, pensant a faire la fete, a gouter user et abuser des plaisirs de la vie. Tout ceci je l'ai connu il y a deja longtemps, meme si certains points me sont passés totalement a coté. Et en cotoyant nombreuses personnes de cet age.. oui je realise que je n'ai plus grand chose en commun avec la plupart d'entre elles.

J'ai passé trente ans.. l'age ou la plupart ont construit quelque chose, parlent à present de leur enfants qui grandissent et de leur credit maison qui s'eternise, du mari qui travaille et qui les oublient le week-end, l'age ou la routine s'est installée depuis bien longtemps deja dans leur vie, mais qui a aussi un coté rassurant.. L'age ou elles ont plus d'assurance dans la vie, sont sures d'avoir fait les bons choix, se rassurent entres-elles.
Oui j'ai passé les trente ans.. et je n'ai rien construit, je n'ai pas desiré d'enfant, je n'ai meme pas de mari. Simplement parceque je n'ai jamais voulu laisser de traces de moi, simplement parceque j'ai choisi de mettre un terme a ma vie de couple devenue je l'avoue monotone et routiniere au fil des ans, parceque quelquepart je refusais de vieillir en me refusant des responsabilités ??

Je n'ai pas encore depassé les quarante ans.. l'age ou les enfants grandissent et qu'a leur tour ils ont vingt ans, l'age ou ils quittent la maison et l'on se retrouve avec ce sentiment d'avoir accompli quelquechose autant qu'etre devenue inutile.. L'age ou une femme se demande si elle est encore désirable et desirée, l'age ou le temps commence a laisser ses marques

Un jour surement j'aurais cinquante ans... soixante ans...
et comment me sentirais je ?
Toujours avec cette impression de chercher dans quelle catégorie d'age me ranger ? Mon decalage entre mon mental et mon physique devenu pathétique ?
Parfois il me semble avoir plus de 300 ans, le meme sentiment qu'un vampire plongé dans la torpeur de sa vie eternelle, n'attendant rien esperant juste des lueurs egayant la lenteur inexorable de son existence de solitude parfois insipide, mais si jouissive de n'etre aucunement dans la conformité imposée.

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La porte se referme

Il est des rencontres qui vous change la vie pour un temps, qui vous font revoir les jours sous un angle différent, vous donne cette superbe envie de revivre, de s'ouvrir aux autres, et surtout à lui..
Jute un desir partagé, une attirance reciproque qui ne peux se cacher, envie qu'il fasse partie de ma vie, envie de connaitre la sienne.. juste se parler seul a seul, etre bien ensemble, quelques minutes de douceur quotidienne.

Mais, car quand tout semble bien aller il y a toujours un "mais"... mais il arrive le moment ou il faut affronter la realité. Le jour ou la verité doit etre dite, avec des mots simples et sans detours, car cette relation pourrait bien prendre un autre chemin par megarde, et apprendre alors que meme si le desir partagé est présent.. rien d'autre ne sera possible.

Le sentiment qui me transportait si peu de temps avant disparait par mésenchantement.. meme si je pressentais la verité et avait deja deposé au sol ces quelques coussins de reve pour amoindrir ma chute. Se sentir desirée et surtout ressentir le meme desir faisait parti d'une utopie dans ma vie de solitude.. ces dernieres semaines m'ont été si douces, et tu sais que je ne pourrai pas t'en vouloir.

Il me faut à present détourner le regard, reprendre le cours de ma vie, de nouveau me persuader que la solitude est l'ultime solution, que personne ne pourra m'apporter plus de bonheur que moi-meme. Il me faut revenir a cet etat quasi-vegétatif en le trompant par des occupations fertiles... car sans amour, le temps s'egraine d'une langueur sans saveur... et parfois je donnerai tout pour acceder plus rapidement à sa fin.

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