Delit de delices

Regard posé sur tes rondeurs, forme simple titillant ma gourmandise, la couleur sobre de ta robe me laisse imaginer ton gout sucré. Je te caresse du regard avant que mes doigts te mene delicatement vers mes levres. C'est a peine si j'ecoute ce sentiment de culpabilité quand ma bouche se referme, et que je me regale de toi dès la premiere bouchée ; jouant de ma langue gourmande des la seconde, caressant la douceur de ton intérieur tandis que mes doigts se perdent alors en toi... Ton gout chocolaté innonde mes papilles de bonheur.. tandis que petit a petit tu disparais totalement.. Tu n'es deja plus qu'un souvenir. J'ai succombé avec plaisir a ce peché de gourmandise, ce peché a présent montré du doigt par la mode de cette chasse aux calories.. serais-je a mon tour menacée du bucher pour avoir failli ? succombé à toi, dont meme le nom que l'on te donne me fait penser a la rigueur et froideur d'une vie monastique...

Si peu honteuse de ce moment passé, je plonge alors mon corps dans d'autres delices. La chaleur de l'eau m'ettreint lentement ; la mousse recouvre ma peau cachant ma nudité aux regards fantomes que je peux imaginer tout autours, les symboles encrés sur cette chair trouvent une nouvelle identité sous l'eclat de l'eau, liberent leur propre vie..
Les yeux fermés je me laisse envahir de chaleur, douceur et volupté.. ma main glisse sur ma peau au rythme de cet air oriental.. ces caresses lancinantes que je m'autorise m'emmenent aux confins de mon etre, de mes souvenirs, tandis qu'il me semble alors qu'elle ne m'appartient plus..
Peché de paresse, je me noie alors dans ta douceur, et plonge dans mes songes interdits.

Un sourire, Un regard.. si j'osais m'abandonner, toute entiere.. me delecter de la saveur de sa peau, decouvrir et couvrir son corps de douceur exquise, en explorer lentement tous les recoins et contours, ouvrir la porte a cet appetit insassiable, y succomber enfin, puis laisser alors la flamme du désir me consumer entierement pour n'etre plus que cendres de reves, une ombre, un souvenir... et disparaitre alors à tout jamais.

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Run Away

Avoir passé tant de temps, tant de temps, de mois, d'années dans cette cage dorée. Un semblant de vie qu'on dit normale, de vie sans plus aucune surprise.. mon ame etouffant dans ce moi-meme totalement faussé, fondu dans un decor de papier, terni, usé, abimé..

Et un jour, un jour que rien ne presageait, une porte s'est ouverte... Ouverte sur l'inconnu. Et si tout était plus beau derriere ce brouillard ? Et si tout était veritablement plus beau et plus simple ? Et si les reves y avaient leur place ? Peut etre que tout sera plus sombre aussi... Peut etre que plus loin il n'y a rien, simplement la fin.. la solitude, la faim, le froid, l'ultime douleur infligée, le sang et enfin l'abandon de moi...

J'ai alors levé la tete j'ai sauté, plongé a corps perdu vers l'inconnu.. contre toute attente mes ailes se sont eveillées, leur griffes acerées ont fini par dechirer les derniers liens qui me retenaient. S'envoler, s'envoler enfin... de plus en plus vite, de plus en plus loin ; ne plus avoir peur, rester sourde a present à leurs appels, à leur fausses promesses, ne plus jamais se laisser attraper... ne plus en vouloir a force de ne plus en pouvoir...

De plus en plus vite, de plus en plus loin... grisée par la liberté retrouvée je plonge a nouveau dans la vie, dans ma vie. Je savoure tous ces moments offerts ; le vent glacé brulant mon visage, je respire du plus fort que je peux ce parfum ennivrant, mes poumons etouffent de bonheur, chaque battement de mon coeur resonne dans mon etre tout entier, tandis que mes ailes se renforcent et trouvent leur rythme en un mouvement regulier. J'ai tant de choses a decouvrir, tant de mysteres a devoiler, je veux tout gouter sans jamais m'arreter..

Peux etre qu'un jour je brulerai ces ailes a trop vouloir toucher mon ideal, peut etre que ma liberté sera cher payé dans la souffrance de la vieillesse ; peut etre qu'un matin ma chute sera fatale, epuisée alors par un trop long chemin en solitaire ...
Mais a présent je sais que le bonheur ne c'est jamais trouvé dans ce que j'ai un jour possedé, dans ceux que j'ai cru aimer.. le bonheur est apparu dans tout ce que j'ai enfin jeté, et laissé derriere a tout jamais.
Oser.. oser un jour gouter la liberté et ne plus jamais vouloir s'en passer.

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Nature Morte


Une lumiere, la flamme d'une bougie juste pour me guider..
Une main, la tenir, l'enserrer, entre ces griffes laisser mes doigts se glisser
Un anneau, m'y attacher m'y pendre et m'y oublier
Le silence, la solitude.. et me demander ou tu es

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Le reveil

Aux premieres lueurs de ce soleil encore faible, mon corps s'eveille..

Mon esprit reste embrumé par l'anesthesie hivernale que je lui ai imposé.. Envie de marcher.. besoin d'avancer droit devant moi, sans meme savoir ou mes pas vont me mener. Besoin de me poser dans un coin au calme, d'observer de loin cette foule compacte, tous ces gens vivants, intriguée par leur rires, leur cris, les premiers spectacles de rue..
Et lentement je leve mon regard vers le ciel, inspire a petite dose cet air nouveau.. la vie s'impose a moi a ce moment meme : elle veux me pousser je le sais a avancer encore, a continuer de vivre pour des jours, des semaines, des saisons..
Les yeux rivés sur ce ciel d'azur, il me tarderai presque de sortir de mon cocon.

Assise sur ces vieilles pierres j'ai attendu le coucher du soleil ; assise sur ces vieilles pierres j'ai senti la brulure de la seve renaitre en mes veines ; Assise sur ces vieilles pierres mon coeur s'est reveillé...

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Une journée comme les autres..

Comme dis si bien le vieil adage : journée pluvieuse, journée heureuse....

Me voici des le matin trempee des pieds a la tete, ou plutot les pieds : la tete restant bien protégée quand meme par cette merveilleuse invention qu'est le parapluie. Mais une longue jupe trainant a terre n'est pas des plus protectrice quand les trottoirs sont trempés, tandis que l'eau s'impregne petit à petit dans le tissu jusqua mi-mollet... et les chaussures... haaa ces chaussures qui ont largement fait leur temps : trouées a l'arriere aux talons usés jusqua la trame, et pourtant il m'est impensable encore de m'en séparer, les voici rapidement transformées en mini-bassins aquatiques dans lesquels mes pauvres pieds se sont vite trouvés humidifiés et rafraichis.
A peine arrivée au bureau, (heureusement qu'a présent la distance est courte !) je me dechausse et reste en chaussettes afin de faire secher le tout. Quelle tristesse ce modernisme et systeme de climatisation : plus aucun radiateur, qui m'aurait été fort utile !
Me voici donc toute la matinée arpentant les les couloirs en cette tenue... Pauvre Tené devenue contesse à la longue traine mouillée et aux nus pieds.

De retour a la maison, depitée de n'avoir aucun Valentin n'osant se declarer cette année encore, je mets un peu de musique et vacque a mes occupations quotidiennes, demarant par une bonne douche reconfortante. Prestement je me decoiffe, me deshabille, en lancant d'un geste leger mes vetements dans la banette de linge sale. Et là, allez donc savoir pourquoi, une chaussette decide de ne pas suivre sa jumelle, et se jette a corps perdu... dans la cuvette des toillettes !
Pourquoi donc.. apres avoir souffert de l'humidité et du froid de cette pluvieuse matinée, apres avoir gouté la douce moquette du bureau, apres avoir longuement glissé sur le lino propre des couloirs (propre je le confirme, aucune trace n'apparaissant sous elle apres mes nombreuses allees et venues...) apres avoir fini par enfin se secher et gouter au confort d'autres chaussures durant l'apres midi... voila qu'a la fin de cette difficile journée elle m'abandonne lachement en se suicidant, sous mes propres yeux !!!
Grand moment de solitude tandis que je regarde la chaussette s'enfoncer lentement dans ces abysses.. NON je ne peux pas la laisser faire ca sans reagir... et d'une main agile je la recupere. L'honneur est sauf, les toilettes étant hygieniquement irreprochables a ce moment... ouf vous direz-vous !!

Douche prise, cheveux lavés... je me dis alors qu'un raffraichissement ne leur ferait pas de mal. Un rafraichissement n'est pas difficile quand on a les cheveux longs : il se limite pour ma part a un bon ébouttage de quelques centimetres. Allez cheveux par dessus la tete, je les lisse encore mouillés, sort les ciseaux.. prends la mesure a vue et nez et coupe sans hesiter. D'un geste rapide et precis, voilà quelques centimetres de cheveux en moins. J'admire mon "oeuvre" d'un oeil perplexe tout en posant aussi regard sur la marque laissée sur mon autre main : trop rapide fut le coup de ciseaux, trop pres était mon doigt.. "rien de grave ca va me faire un joli pincard" tandis qu'au meme moment ou cette pensée me viens, je vois le sang s'écouler de ce joli petit triangle de chair oté..
Apres les piercings et tatouages que j'affectionne particulièrement, je m'étais informée sur les scarifications, les cuttings, pocketting, les brandings : autres bodmods consistant en coupures ou brulures de la peau, formant bien sur dessins ou lettrages artistiques... et voila alors que j'invente le "scissoring".... nouvelle maniere de marquer son corps d'un joli triangle presque parfait... Certaines modes sont nées de moins que ca croyez vous ??

Je taierais d'autres anecdotes de cette journée, bien trop personnelles pour etre etalées a tous regards.. cette petite prose ne prends vie ici que pour rire de moi-meme.
Prenez garde qu'a me cotoyer, multiples catastrophes pourrait vous arriver...

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