Collection D'Arnell-Andrea - Les Cendres Lisieres

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Voyeuse

Silhouette fantome aux contours presques parfaits
Nonchalante et offerte a ma vue, sans pudeur ni retenue
Sous cette douce lumiere tu te devoile alors
Sous les rayons de lune je me delecte avec bonheur

Ombre derriere ma fenetre, je leve mon regard vers toi
Je ne suis qu'une ombre derriere ma fenetre, je me demande qui d'autre se regale de toi...

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Obscure

Sans bruit je vous observe, guettant vos ombres chetives, choisissant avec soin ceux qui partageront ma couche. Douceur et douleur, volupté de ces dernieres heures quand mes levres se font violentes, infligeant l'ultime sentence sur vos corps abandonnés, consumés entre mes griffes, epuisés d'une nuit que vous pensez revée.

Je fais fi du desarroi de ces femmes aux epoux perdus, de ces meres aux jeunes fils disparus.. Je fais fi de vos cris et de vos pleurs, car de toutes vos peurs se nourrissent mes humeurs.

Chasseresse, pecheresse, eprise et prise au jeu de mon appetit sans fin ; pardonnez-moi si mon paradis n'est que le reflet de vos enfers, de vos craintes, et de vos miseres ; Pardonnez-moi alors si au milieu de vos demons je veille et me glisse chaque nuit dans vos sommeils.

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Juste une erreur de parcours

Souvent je m'interroge sur la proportion par laquelle notre enfance, toutes les bases de notre vecu, influence notre vie future. Entre l'idée de l'inné, de l'acquis, notre propre caractere, notre heritage biologique, nos experiences.. tous ces elements qui font ce que nous sommes au final.

Et si mon enfance avait été toute différente de celle vecue, serais-je alors la meme actuellement ? Je peux aisément imaginer un double de moi meme, forgée par des années de vie "normales" passées dans une famille "classique" (selon les criteres d'humanité les plus courantes..), avec des parents, des freres, des soeurs, et un enseignement de la vie des plus traditionnel où prone la formule mathématique qu'on nous inculque le plus souvent, celle qui nous force à penser que l'accomplissement de soi, le bonheur, se resume en mariage + enfants + voiture + maison + travail (en option)
Serais-je alors heureuse ou pas ? mere de famille peut etre, mariée, celibataire endurcie, avec ou sans activité professionnelle... ? J'en arrive meme en fermant les yeux a m'imaginer ce que pourrait etre la vie de ce "double" inventé.

Je me souviens souvent de mes premieres années, de cette epoque solitaire ou mes grand-parents m'apprenait qu'il ne faut compter que sur soi-meme, avancer seule dans la vie, se satisfaire des plaisirs simples et ne pas envier ce qu'on ne pourra jamais avoir.
Je me demande en quelle infime proportion chaque membres de ma famille a laissé sa trace dans mes genes, qu'elle soit physique ou psychique. De ma grand mere je tiens sa fierté (souvent mal placée dira ma meilleure amie...) et son entetement... De ma mere je pense detenir mon coté le plus doux, si j'en refere a mes souvenirs d'elle.. de mon pere certainement tous mes defauts, cela va de soi... de mon grand-pere, je ne sais pas... et au milieu de tout ca, ajoutons alors une pincée du simple "moi" pour finaliser le resultat.

Resultat d'ailleurs assez surprenant, parfois si paradoxal.. pouvant s'eveiller petite fille pour s'achever diablesse au plus tard de la nuit.. affichant ses différences sans vouloir se faire remarquer.. Se caractérisant elle-meme d'une affligeante banalité, tout en refusant une vie stéréotypée...
Croyant en son destin, alors qu'elle n'était en rien destinée, juste une erreur de parcours qui achevera sa lignée.

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La splendeur du mal(e)

J'étais heureuse quand le soleil a frappé aux vitres pour m'inviter a sortir.. sourire aux levres j'avance droit devant moi sans but precis. Simplement gouter les premieres douceurs d'un printemps preparant son retour en silence, regard perdu dans le vague. Je reve de me laisser couler dans ce fleuve que je traverse, juste imaginer jusqu'où mon corps serait emmené.. Je pense alors qu'il va me falloir trouver de nouveaux endroits pour profiter du calme a présent, reussir a fuir le trop-plein de foule de la ville.

Coupée du monde alentours par la barriere protectrice que m'offre la musique, c'est a peine si j'avais remarqué cet homme dans l'ombre. Je n'ai pu l'ignorer longtemps, malheureusement, tandis qu'il faisait de son mieux pour attirer mon regard sur la partie basse de sa personne.
Il faut avoir une bien etrange opinion de soi pour penser provoquer quelconque emotion en se montrant ainsi. Se sent-il superieur en esperant inquieter, choquer, provoquer colere et panique... Il doit trouver un plaisir malsain, c'est certain, a brandir si fierement ses attributs masculins ; un plaisir doublé de fierté en bravant l'interdit.. ou est-ce tout simplement un esprit malade qui ne sait meme plus ce qu'il fait.. ?
Je lis alors les quelques mots d'insulte sur ses levres, surement vexé du peu de reaction de ma part devant son anatomie toute devoilée à mes yeux.

C'est peine perdue, j'avoues etre plus receptive à l'esthetique d'un corps féminin (exception faite bien sur du corps de mon bien-aimé quand il existe..), à ces silhouettes aux courbes douces et voluptueuses. Je n'ai jamais croisé sur mon chemin, et il ne me semble pas que quiconque m'en ai parlé un jour, une femme cachée dans l'ombre qui s'exposerai ainsi et de maniere si agressive. Je ne peux m'empecher de rire en m'imaginant un instant dans ce role...

J'esperai profiter du soleil en cette douce apres-midi, peut etre trouver quelques brins de verdure naissant, ecouter les chants des petits oiseaux.. mais pas croiser la vue de celui qui me fut imposé. Ce n'est pas encore aujourd'hui que le Male Dominant remontera dans mon estime...

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