Menue monnaie..

Le contenu de ma bourse etalé devant les yeux, je scrute perplexe le nombre important de piecettes de quelques centimes s'y trouvant. Faisant si peu d'achat en monnaie, c'est un veritable calvaire d'arriver a me debarasser de ces pieces sans grande valeur.. et d'ailleurs je me demande toujours comment elles parviennent entre mes mains. Je ne les voient jamais, puis subittement leur nombre devient si important qu'elles semblent se reproduirent entre-elles au fin fond de mes autres monnaies.. je ne vois que cette solution.

S'en debarrasser.. pas si facile ! Le peu d'achat effectués en dehors de l'hypermarché voisin au sigle bien connu que je frequente par necessité se limite au traiteur asiatique du quartier. D'ailleurs quel delice pour moi de loger si pres d'un restaurant ou fleure bon ma nourriture favorite. Deux, trois fois par semaine meme, j'y passe prendre mon repas du soir avec une predilection pour les rouleaux de printemps.. détail qui ne manquera pas d'echapper et de faire sourire certaines de mes connaissances qui liront ces lignes, je le parierai sans risque.
Mais cela ne resoud pas mon probleme de menue monnaie car je ne pense jamais a les utiliser. Le distributeur de boisson sur mon lieu de travail ne les accepte pas.. le monayeur de ma laverie habituelle ne les accepte pas non plus. Mais, Oh miracle, l'automate d'affranchissement du bureau de poste.. oui !! Et comme un bonheur n'arrive jamais seul, j'ai le compte exact du montant d'un timbre poste en pieces de 1 et 2 centimes.

J'attends mon tour devant cette fabuleuse machine, deux personnes derriere moi. Je n'aime pas deranger, mais cette fois ils attendront bien quelques minutes que je passe la totalité de mes pieces.
Cling cling cling.. le son regulier retenti doucement tandis qu'une a une, d'un geste precis et le plus rapidement possible, j'insere ces minuscule pieces.. cling cling cling 1 centime, 2 centimes, 2 centimes, 1 centime.. Il me semble que j'en finirai jamais.. cling cling cling 1 centime, 2 centimes.. la cliente juste derriere moi, agée d'un nombre consequent d'automnes, pousse un leger soupir.. cling cling.. je ne me laisse pas deconcentrer par cette impression de monopoliser un lieu magique : celui ou enfin je suis liberée petit a petit de ce fardeau pecunier.. cling cling.. encore quelques unes et je partirais tranquille..

Badabangclingclingcliinnnggg..
Qu'il est effrayant ce bruit soudain ! Je n'entends plus que cette symphonie de cling dans un profond silence, des dizaines de bebes pieces se jettent sur moi, toutes ensemble.. Bruyante cascade qui s'acheve par le plus long des soupirs pres de mon oreille : l'ailleule derriere moi aurait-elle poussé son dernier souffle tandis que je retiens le mien et ecarquillant les yeux.

Non.. impossible.. et pourtant. J'ose a peine lire le message sur l'automate, fixant tristement l'endroit ou toutes -oui toutes et peut etre meme plus qui sait- mes pieces sont retombées.
Les quelques mots que j'arrive a lire tentent de former une explication logique dans mon esprit : pieces - important - nombre - trop - Nombre de pieces trop important pour cette transaction - Transaction annulée.

Regard furtif a droite, regard furtif a gauche.. je les abandonnerait bien toutes la a leur triste sort en m'enfuyant sans me retourner, mais je suis sure que je serai alors poursuivie pour tentative d'abandon en lieu public, et en plein jour devant temoins.. d'une main febrile je tente des les recuperer au mieux, oubliant ces regards et ces sourires narquois braqués sur moi. Fierement je rediciverai, offrant cette fois a cet automate un nombre restreint de piecettes cuivrées.. deja ca de gagné..

5 commentaires - aucun rétrolien

Premiers frissons

Il se glisse par ma fenetre entr'ouverte, offrant un souffle de vie a ces drapés devenus fantomes d'un instant, m'approche et m'enveloppe..
Je ne l'ai pas senti arriver mais il est la.. si perceptible a present. S'aventure le long de mon corps, peut etre trop peu vetu, monte lentement tout au long de mon bras, chuchotte dans mon cou et soudain me traverse..

Premiers frissons.. Il n'est pas si tard et pourtant, il est deja present cet air un peu trop frais des soirées de fin de saison.
Il appelle l'automne, les journées qui se font de plus en plus courtes.. oh joie pour moi qui aime plus que tout vivre dans la penombre.

Premieres fraicheurs du soir tandis que l'eglise sonne les heures ; je n'arrive pas a me rechauffer et reve de me blottir dans ses bras.. ce qui je sais n'arrivera jamais, du moins jamais le soir, jamais quand il se fait tard.. et seule sous l'abri tiede de mes draps je ne peux qu'en rever, imaginer..

Le jour decline de plus en plus, rapidement...
De l'autre coté de la rue, sous une lumiere artificielle, elle m'offre a nouveau sa silhouette au sortir de son bain.. la vitre face a elle ne la protege en rien, pas plus qu'elle ne le faisait l'hiver passé.
Sans bruit je la regarde ; distraitement je la regarde ; intriguée je la regarde.. Devrais-je le lui dire quand je la vois rentrer le soir ? Il n'y a aucune souffrance quand on est dans l'ignorance..

Je detourne les yeux une fois qu'elle a disparue, pour retourner a mes pensées vagabondes.. Ce regard sur ma droite est preuve que chaque observateur peut etre observé.. l'univers du "trottoir d'en face" n'est qu'un jeu de pile ou face..  

2 commentaires - aucun rétrolien

Just a kiss

A travers mes paupieres mi-closes, l'observer.. parcourir sa silhouette allongée pres de moi, preter a peine attention aux quelques mots echangés, juste le regarder... rever.. desirer..
Suivre la ligne parfaite de son nez, survoler ses paupieres et s'amuser a observer la courbe de ses cils.. mais sans croiser son regard, surtout pas.. Glisser alors le long de ses joues pour arriver a la naissance de ses levres.. 

Mes yeux emplis de convoitise, de legers et imperceptibles mouvements naissent sur mes propres levres, tandis que je ressent cet etrange et si agreable pincement au creux du ventre.. 

Tes levres.. Oser alors les froler, d'un doigt leger s'y poser et caresser leur contour, lentement, plus lentement encore.. les parcourir doucement, jouer... du bout de l'ongle se glisser entre elles, a peine entrouvertes, jouer encore..
Fermer les yeux et laisser nos corps s'approcher, je sens un sourire se dessiner sur mes levres quand elles se posent sur les tiennes, legeres et gourmandes.
Les gouter, les butiner, a peine les froler.. S'éloigner et parcourir ton visage de doux baisers, laisser mes mains a l'aventure de ton corps tout entier, puis de ma bouche l'explorer.. Cette envie de gourmandise m'envahie et je m'y abandonne, coquine.. 

Ta bouche.. tes mains m'ont ramenée a elle, et cette fois c'est du bout de ma langue que je parcoure encore tes levres.. lentement, douce et chaude, a son tour elle s'y glisse, caline et volontaire.. cherche la tienne, jouant avec, exquises caresses..

Just a kiss.. a long kiss..
J'ai signé par mes levres offertes mon silencieux desir d'etre a toi, pour tout le temps ou cette envie nous consumeras..
Envie de tes baisers, envie de ton corps, de toi tout entier... ce soir.. rongée, consumee, par l'attente d'un jour te retrouver.. 

8 commentaires - aucun rétrolien

MSN mon amour

Qui donc, habitué d'internet, ne connait pas ce sympathique logiciel ?
Tres facile d'installation, et d'ailleurs il me semble meme qu'il soit prevu d'office sur les ordinateurs recents ; il nous permets d'un clic de nous retrouver en contact avec nos amis, famille, etc.. d'echanger des fichiers, musiques, photos.. ; partager et discuter des heures avec toute personne pour le peu qu'elle soit aussi connectée.
En voila une nouvelle tragedie, raison de dispute : pour les parents voyant leur enfant rivé a son ordinateur et passant des heures a discuter avec ses copains de classe, quittés quelques minutes auparavant, ou a peine le portable raccroché (et encore, les deux sont parfois compatibles, si si...) ; pour les couples dont l'un des deux membres y passe ses soirées ou ses nuits, et fini un jour par oublier l'autre..

Bien sur, comme la plupart des internautes, j'utilise MSN...

Je n'ai pas un nombre fou de contacts, et parfois il me semble deja en avoir bien trop. Un groupe pour différents contacts, chaque contact dans son groupe.. meme ici, mes habitudes me suivent. Certains finiront dans l'ultime classement "amis", tandis que d'autres s'eternisent aux oubliettes, avant que l'heure du grand vide arrive... 

Que faire de ces contacts auxquels nous n'avons plus rien a dire ? Ou ceux desesperement hors ligne depuis des mois ? Est-ce vexant de realiser qu'une personne nous a bannie de sa liste de contact du jour au lendemain, sans raison apparente ?
La loi du talion reste un bon principe dans ce cas, et d'un clic voila disparus ceux avec qui nous avons echangé des heures de discussion et parfois des nuits blanches a rever d'un ailleurs..
La plupart des relations sont ephemeres, a un moment donné pour une raison précise nous nous sommes croisés, et chose faite il ne reste plus rien.. juste des souvenirs. Je reste persuadée de cet état de fait, dans la vie reelle autant que celle virtuelle.. alors effacons, et ailleurs recommencons.. 

MSN mon amour, parfois tu rends mes soirées solitaires bien plus remplies qu'il ne faudrait, et souvent me voila a gerer blocage et deblocage de personnes avant meme d'apparaitre en ligne. Et oui je l'avoue ici noir sur blanc, mais vous imaginez vous suivre 6 discussions ou plus, tout en postant sur forums, jouant en ligne, ecoutant quelques musiques d'un groupe recemment decouvert, notant sur le bloc toujours posé a coté quelques idées de sujets d'ecriture qui vous viennent a l'esprit, retouchant vos derniers clichés photos sans oublier de surveiller la cuisson du repas.. ?

Il en faut peu pour franchir le cap fatidique et devenir esclave de son ordinateur, mais heureusement pour moi, plus on m'attache moins je suis fidele.. MSN mon amour, comme toute autre chose, "point trop n'en faut.."

1 commentaire - aucun rétrolien

Derriere les murs

Voici deja six mois que je suis installée dans mon logement. Une demi-annee, deux trimestre, 26 semaines et demi .. je vous ferai grace du nombre exact de jours..

Il fait chaud aujourd'hui, tres chaud. Et je soupire en regardant cette fenetre coincée qui ne sera reparée qu'a la fin du mois (joie des congés d'été). Heureusement que ce modeste studio en comporte deux, sans quoi j'aurai été bien moins arrangeante avec l'agence de location : je me m'imagine pas devoir vivre la porte grande ouverte pour tenter de respirer un peu. Mais il fait vraiment chaud en cette journée.. et peu vetue, je me dois de laisser le volet baissé pour eviter les regards genants du vis-a-vis quand meme proche.

Le voisinage.
Lors de mon arrivée, l'idée d'aller me presenter aupres de mes nouveaux voisins m'a effleurée l'esprit, juste quelques secondes.. j'ai mis cette idée folle sur le compte du stress du demenagement, riant en m'imaginant tout sourire frapper aux portes et les invitant pour faire connaissance.
Non, j'avoue que je suis incapable de faire une telle demarche. Je mise généralement sur le temps et les circonstances qui joueront peut etre en la faveur d'une eventuelle discussion, un jour.. mais est-ce bien necessaire ?
Je m'étonne alors d'avoir plus l'impression de "connaitre" les personnes vivants de l'autre coté de la rue (le fait de se voir quotidiennement aux fenetres certainement), que mes propres voisins. Dans ce mini-immeuble ne comportant pas plus de quatre logements, le tour du voisinage proche est pourtant rapidement fait.

Au premier étage, un seul logement. Occupé par un homme seul et sa fille. Notre relation se limite a un bonjour poli quand nous nous croisons, hormis un soir ou je me suis confondue en excuses apres lui avoir laché violement la porte d'entrée au nez.. je ne l'avais ni vu ni entendu arriver.. oups.

Au second etage, trois logements.
Le premier,  le plus petit,  est occupé par une jeune femme etrange et solitaire.. c'est l'antre de votre dévouée, ma garconniere.

Au fond du couloir en face, vit un jeune couple. J'ai toujours du mal a en reconnaitre la partie féminine (mon defaut de non-memoire visuelle tourne parfois au calvaire) ; tandis que la partie masculine s'est enhardie un jour a frapper a ma porte, embeté par un probleme domestique. Pauvre de lui qui me vit alors en tenue du dimanche, non coiffée, vetue d'un tshirt ridicule et usé par le temps, cachée dans sa crypte avec pour seule lumiere la lueur de l'ecran d'ordinateur. Au vue de sa difficulté a exprimer sa demande et le temps mis pour me rendre cet ustensile de premiere necessité - une fourchette - je crains fort lui avoir fait peur.. 

A coté de mon studio, logeait un autre jeune couple. Je les ai peu connus, ils ont demenagé recemment.. le fait qu'ils soient restés plus longtemps aurait-il influer sur une hypothétique relation sympathique ?? Je n'ai meme pas su leur noms, je me souviens seulement de deux soirées ou je partageais, bien malgré moi, leur joie d'etre deux.. tout contre mon mur.. 

 

Quand un voisin demenage, on se demande toujours qui va le remplacer.
La premiere chose qui me vient a l'esprit est généralement le souhait d'avoir des voisins calmes. Celle fois-ci, j'ai quelque peu nuancé ma demande. Rituel d'incantation secret, j'exauce le voeu d'avoir un voisin calme, jeune, celibataire, sympathique.. avec lequel pourrait eventuellement se creer une ebauche de contact, de relation et qui sait.. peut etre finirons nous par partager un peu plus que ce mur qui nous separe, tout au moins une discussion.

Mes espoirs ont été de courte durée. Deux noms sur la boite aux lettres, "il" ne sera donc pas seul...
Au son de la voix indistincte traversant la cloison, "il" ne semble pas si jeune..
Je reprends mon grimoire de rituels secrets, j'ai encore du oublier un ingredient...
Les jours s'ecoulent et ce soir, de la rue, j'ai enfin pu mettre un visage sur la voix de ce nouveau voisin, alors a sa fenetre.
Comme il disparait d'un seul coup d'oeil mon joli fantasme de voisin sexy, jeune et seduisant.. en tout cas jusqua present tout n'est pas perdu : il semble bien calme...

4 commentaires - aucun rétrolien

Page précédente | 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 | Page suivante