Empty Doll

Delaissée doucement.. ne plus entendre sa voix, puis ne plus lire ses mots, chercher dans ses souvenirs son regard, disparaitre de ses pensées.. Ce moelleux de reve s'use, s'effiloche, s'evanoui.. la raison a-t-elle gagné le combat et fini par l'emporter.. peut etre..
Tout semble bien sombre tandis que je cherche sa lumiere, est-il l'heure pour moi aussi de l'eteindre ?

De la lumiere, certains veulent en offrir, facilement et simplement.
Mon chemin croise parfois celui de personnes interessantes, tres interessantes.. si interessante qu'elle me renvoie alors la triste verité : perdue sous le tapis pourrissant de mes reves avortés, je ne suis rien.
N'etre rien.. Juste une ame vidée, sans interet, si sauvage qu'elle est devenue incapable de conversation, sans culture, sans connaissance.. un esprit qui n'a pas su s'elever, un esprit qui a passé sa vie a s'enfouir, que personne n'a eveillé..
Il reste un corps.. Ce corps tout autant incapable de servir a quelques futilités ; Il serait simple de m'offrir juste pour une nuit sans lendemain.. donner du bien en me faisant du mal, pour juste me punir ; n'etre qu'un pantin, le jouet de certains.. mais c'est chose impossible.

Corps inutile protegeant un esprit eteint.. qui pourrait donc envier celle qui n'est rien..

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Jeux de maux

Distiller lentement quelques soupcons d'emoi, parfumer tes sens d'effluves de souvenirs, reveries et desirs, goutte a goutte..
Juste assez pour ne pas s'oublier, point de trop pour ne pas tout briser..

Jongler avec le peu, jusqu'a risquer le trop peu et se voir abandonnée
Ne pas oser le trop, de peur d'ettouffer, et que de parfum je te devienne poison
Taire mes maux et etreindre cette etincelle au creux de mes mains
Me noyer dans la complexité du trop ou pas assez..

 

De l'absence nait le manque ; le manque crée le desir ;
Le désir consume mon etre jusqu'a l'embrasement de mes sens
Quand enfin je te vois, t'écoute, te sens, te touche, et qu'alors tu me goutes...

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Menue monnaie..

Le contenu de ma bourse etalé devant les yeux, je scrute perplexe le nombre important de piecettes de quelques centimes s'y trouvant. Faisant si peu d'achat en monnaie, c'est un veritable calvaire d'arriver a me debarasser de ces pieces sans grande valeur.. et d'ailleurs je me demande toujours comment elles parviennent entre mes mains. Je ne les voient jamais, puis subittement leur nombre devient si important qu'elles semblent se reproduirent entre-elles au fin fond de mes autres monnaies.. je ne vois que cette solution.

S'en debarrasser.. pas si facile ! Le peu d'achat effectués en dehors de l'hypermarché voisin au sigle bien connu que je frequente par necessité se limite au traiteur asiatique du quartier. D'ailleurs quel delice pour moi de loger si pres d'un restaurant ou fleure bon ma nourriture favorite. Deux, trois fois par semaine meme, j'y passe prendre mon repas du soir avec une predilection pour les rouleaux de printemps.. détail qui ne manquera pas d'echapper et de faire sourire certaines de mes connaissances qui liront ces lignes, je le parierai sans risque.
Mais cela ne resoud pas mon probleme de menue monnaie car je ne pense jamais a les utiliser. Le distributeur de boisson sur mon lieu de travail ne les accepte pas.. le monayeur de ma laverie habituelle ne les accepte pas non plus. Mais, Oh miracle, l'automate d'affranchissement du bureau de poste.. oui !! Et comme un bonheur n'arrive jamais seul, j'ai le compte exact du montant d'un timbre poste en pieces de 1 et 2 centimes.

J'attends mon tour devant cette fabuleuse machine, deux personnes derriere moi. Je n'aime pas deranger, mais cette fois ils attendront bien quelques minutes que je passe la totalité de mes pieces.
Cling cling cling.. le son regulier retenti doucement tandis qu'une a une, d'un geste precis et le plus rapidement possible, j'insere ces minuscule pieces.. cling cling cling 1 centime, 2 centimes, 2 centimes, 1 centime.. Il me semble que j'en finirai jamais.. cling cling cling 1 centime, 2 centimes.. la cliente juste derriere moi, agée d'un nombre consequent d'automnes, pousse un leger soupir.. cling cling.. je ne me laisse pas deconcentrer par cette impression de monopoliser un lieu magique : celui ou enfin je suis liberée petit a petit de ce fardeau pecunier.. cling cling.. encore quelques unes et je partirais tranquille..

Badabangclingclingcliinnnggg..
Qu'il est effrayant ce bruit soudain ! Je n'entends plus que cette symphonie de cling dans un profond silence, des dizaines de bebes pieces se jettent sur moi, toutes ensemble.. Bruyante cascade qui s'acheve par le plus long des soupirs pres de mon oreille : l'ailleule derriere moi aurait-elle poussé son dernier souffle tandis que je retiens le mien et ecarquillant les yeux.

Non.. impossible.. et pourtant. J'ose a peine lire le message sur l'automate, fixant tristement l'endroit ou toutes -oui toutes et peut etre meme plus qui sait- mes pieces sont retombées.
Les quelques mots que j'arrive a lire tentent de former une explication logique dans mon esprit : pieces - important - nombre - trop - Nombre de pieces trop important pour cette transaction - Transaction annulée.

Regard furtif a droite, regard furtif a gauche.. je les abandonnerait bien toutes la a leur triste sort en m'enfuyant sans me retourner, mais je suis sure que je serai alors poursuivie pour tentative d'abandon en lieu public, et en plein jour devant temoins.. d'une main febrile je tente des les recuperer au mieux, oubliant ces regards et ces sourires narquois braqués sur moi. Fierement je rediciverai, offrant cette fois a cet automate un nombre restreint de piecettes cuivrées.. deja ca de gagné..

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Premiers frissons

Il se glisse par ma fenetre entr'ouverte, offrant un souffle de vie a ces drapés devenus fantomes d'un instant, m'approche et m'enveloppe..
Je ne l'ai pas senti arriver mais il est la.. si perceptible a present. S'aventure le long de mon corps, peut etre trop peu vetu, monte lentement tout au long de mon bras, chuchotte dans mon cou et soudain me traverse..

Premiers frissons.. Il n'est pas si tard et pourtant, il est deja present cet air un peu trop frais des soirées de fin de saison.
Il appelle l'automne, les journées qui se font de plus en plus courtes.. oh joie pour moi qui aime plus que tout vivre dans la penombre.

Premieres fraicheurs du soir tandis que l'eglise sonne les heures ; je n'arrive pas a me rechauffer et reve de me blottir dans ses bras.. ce qui je sais n'arrivera jamais, du moins jamais le soir, jamais quand il se fait tard.. et seule sous l'abri tiede de mes draps je ne peux qu'en rever, imaginer..

Le jour decline de plus en plus, rapidement...
De l'autre coté de la rue, sous une lumiere artificielle, elle m'offre a nouveau sa silhouette au sortir de son bain.. la vitre face a elle ne la protege en rien, pas plus qu'elle ne le faisait l'hiver passé.
Sans bruit je la regarde ; distraitement je la regarde ; intriguée je la regarde.. Devrais-je le lui dire quand je la vois rentrer le soir ? Il n'y a aucune souffrance quand on est dans l'ignorance..

Je detourne les yeux une fois qu'elle a disparue, pour retourner a mes pensées vagabondes.. Ce regard sur ma droite est preuve que chaque observateur peut etre observé.. l'univers du "trottoir d'en face" n'est qu'un jeu de pile ou face..  

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Just a kiss

A travers mes paupieres mi-closes, l'observer.. parcourir sa silhouette allongée pres de moi, preter a peine attention aux quelques mots echangés, juste le regarder... rever.. desirer..
Suivre la ligne parfaite de son nez, survoler ses paupieres et s'amuser a observer la courbe de ses cils.. mais sans croiser son regard, surtout pas.. Glisser alors le long de ses joues pour arriver a la naissance de ses levres.. 

Mes yeux emplis de convoitise, de legers et imperceptibles mouvements naissent sur mes propres levres, tandis que je ressent cet etrange et si agreable pincement au creux du ventre.. 

Tes levres.. Oser alors les froler, d'un doigt leger s'y poser et caresser leur contour, lentement, plus lentement encore.. les parcourir doucement, jouer... du bout de l'ongle se glisser entre elles, a peine entrouvertes, jouer encore..
Fermer les yeux et laisser nos corps s'approcher, je sens un sourire se dessiner sur mes levres quand elles se posent sur les tiennes, legeres et gourmandes.
Les gouter, les butiner, a peine les froler.. S'éloigner et parcourir ton visage de doux baisers, laisser mes mains a l'aventure de ton corps tout entier, puis de ma bouche l'explorer.. Cette envie de gourmandise m'envahie et je m'y abandonne, coquine.. 

Ta bouche.. tes mains m'ont ramenée a elle, et cette fois c'est du bout de ma langue que je parcoure encore tes levres.. lentement, douce et chaude, a son tour elle s'y glisse, caline et volontaire.. cherche la tienne, jouant avec, exquises caresses..

Just a kiss.. a long kiss..
J'ai signé par mes levres offertes mon silencieux desir d'etre a toi, pour tout le temps ou cette envie nous consumeras..
Envie de tes baisers, envie de ton corps, de toi tout entier... ce soir.. rongée, consumee, par l'attente d'un jour te retrouver.. 

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