et si tout était lié..

Un soir, j'ai levé les yeux vers une toile..

Les expositions de peintures étaient un monde totalement étranger pour moi. Alors par curiosité, j'ai accompagné un ami. Une soirée de vernissage, plusieurs artistes y exposaient leurs oeuvres, et je m'y sentais bien perdue.. priant comme a l'accoutumée que personne ne vienne a ma rencontre afin de me poser quelconque question a laquelle je serai bien embettée de devoir repondre.
Je me glissais alors le plus discretement possible -oui croyez moi j'en suis capable- parmi la foule compacte, ecoutant quelques discussions d'une oreille distraite, observant les toiles offertes a mon regard.. les gouts et les couleurs, n'est ce pas..

Mais il y avait cette serie. Je suis passée puis repassée devant, plusieurs fois.. Quelquechose en elles m'intriguait, sans meme que je sois capable de dire quoi. Sombres, douloureuses peut etre..
Elles me touchait encore lors de mon départ. Je me suis meme surprise a penser que si j'avais quelque fortune, je me serai peut etre laissée tentée..
Mais de fortune je n'en ai jamais eue, et mon initiation a l'art de la peinture s'est stoppé ce soir là.

Souvent je me demande en quelle proportion le hasard et le destin se partagent ma vie.
Lorsqu'un jour un jeune homme vint a ma rencontre par le biais d'internet. Le net, quel monde merveilleux !
Quelques discussions, nous faisons connaissance au fil des premiers mails echangés.. pour finir par lier amitié, pour le temps qu'elle durera.
Je ne saurai dire si je fus surprise, ou convaincue de la force des choses, quand j'ai realisé que ce jeune homme n'était autre que l'artiste auteur des tableaux devant lesquels je m'étais surprise a rever, plus d'un an auparavant..

 

Un matin, j'ai levé les yeux vers un panneau..

D'un oeil mal eveillé, j'ai scruté les inscriptions ajoutées sur la face de cet immence affichage de publicité. Quelques mots simples, a la peinture, une rebellion il me semblait.  
J'ai souri alors, me demandant comment -a l'aide d'une echelle sans aucun doute- ils ou elles avaient eu cette bonne idée ; et quand -de nuit ou en plein jour- ils avaient eu l'audace de noter ces quelques mots ? Ce cri d'alarme pour tenter de reveiller nos esprits conditionnés par le pouvoir des images qu'on nous impose afin de venerer le sacro saint dieu de la consommation et de la surconsommation.

J'ai continué mon chemin, revant moi aussi d'une bordure d'arbres et de nature au lieu de ces gigantesques monstres inesthetiques... mais les gouts et les couleurs n'est ce pas..

Souvent je me demande en quelle proportion le hasard et de destin se dechirent ma vie.
Un jeune homme un soir est venu a ma rencontre, par le biais d'internet. Decidement, le net est vraiment un monde merveilleux !
A nouveau quelques discussions, quelques mails echangés, faisons donc connaissance, pour le temps que tout cela durera.. Car les amitiés virtuelles n'ont guere de grande longevité, exception faite de quelques unes..
Finirais-je par vous convaincre de la force des choses..  J'ai alors realisé que cette personne faisait partie des artistes m'ayant fait lever les yeux, quelques mois auparavant, de beau matin.. par leur oeuvre d'un moment sur un support inatendu.

Il est des choses que je n'explique pas, des liens etranges reliant les plus infimes details de ma vie..
Generalement les relations commencent par une rencontre.. pour ma part elles en sont souvent l'epilogue.

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Derriere les mots..

Il suffit de quelques mots, une phrase parfois, pour qu'une personne nous marque..

Je ne la connais pas, je ne sais d'elle ni son nom, ni son age a part celui qu'elle semble avoir, une petite quarantaine d'années tout au plus ; je ne sais pas ou elle demeure exactement, certainement pas tres loin de chez moi.. je ne l'avais jamais vue auparavant, mais elle si..

Nous nous sommes juste croisées, un instant ou nos vies se sont trouvées cote a cote, et c'est a ce moment là qu'elle me l'a offert. Avec simplicité, naturel, avec sourire.
Je n'ai pas su que faire, sur le moment, de ce petit paquet de compliments. Inatendu, surprenant.. Je n'ai su que bredouiller quelques mots, quelques remerciements..
Je suis plus habituée aux rires, aux regards parfois etonnés, parfois agressifs.. Je les prends, les jette negligement par dessus mon epaule et les oublie, en echange d'un leger sourire en coin..

Mais là.. Je me suis eloignée en gardant ses mots en tete. Ses mots simples, avoués sans difficultés, mais qui cachent tout autre chose..
Les mots d'une femme qui aimerait oser la différence, juste pour que ses enfants soient fiers d'elle, juste pour que son mari la regarde et la desire de nouveau.. Mais le pas est bien difficile a franchir.

Depuis quelques jours, j'ai ouvert plus grand ce petit paquet de compliments.. j'ai scruté et trouvé tout au fond les bribes de la vie d'une inconnue.. quelques aveux cachés dans une bouteille non jetée a la mer, mais jetée dans mes mains et que je regarde et garde precieusement..
Les instants de la vie d'une femme qui reverait d'etre une autre.. qui reve a ce que peut bien etre la vie d'une autre alors qu'elle fait face a la sienne.. 
Une femme qui veux simplement montrer quelle existe..  encore..

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Quelques minutes de plus..

Bien à l'abri dans la chaleur de mes draps, je veillais et m'eveillais lentement ce matin.. ou plutot ce midi.. quiconque me connait un peu -ne serait ce que par mes lignes- sait que le dimanche m'est synonyme de repos, de calme et de solitude, de journée "non-sociable".. et surtout de grasse, tres grasse, matinée..
D'un oeil distrait, l'esprit voguant dans ses meandres d'éveil, je fixais l'heure.. Les minutes affichées s'ecoulaient les unes apres les autres tandis que je cherchais la raison ultime qui me poussera hors du lit : je n'ai pas faim, je n'ai pas soif, j'ai quelques obligations mais elle peuvent encore attendre, je dois me laver, pas necessairement m'habiller : du moins le minimum decent qui me protegera de la fraicheur d'octobre.. il y a du bruit dehors, dans l'appartement voisin aussi.. mais je suis a l'abri chez moi..

La cloche de l'eglise voisine sonne alors les heures, je m'amuse a les compter.. trois, quatre.. dix, onze.. mais voila que le douzieme se fait absent. A nouveau je fixe le regard rougeoyant du reveil : midi.. Comment donc ais-je pu oublier la date, le jour du changement d'heure, le passage a l'heure d'hiver.

Flash-back, d'un bond je me retrouve dans le passé. Etrangeté du temps défini alors que cinq minutes auparavant il était pres de midi et que mon corps farnientait a loisir.. me voici subitement revenue a onze heures ..

Que faire de ces minutes qui me sont offerte.. Je pourrai ne rien y changer et de nouveau fermer les paupieres jusqu'à midi, savourant le luxe de la paresse dominicale.. Mais ce serait la perte d'un temps qui me semble tout a coup bien precieux, alors prestement je me redresse pour le savourer.
Soixante minutes d'utilité intellectuelle peut-etre, si je tends la main vers ce livre posé a ma droite.. mais les coquineries et les malheurs de la vertue de ce cher Marquis ne m'inspirent guere au reveil..

Une heure de temps en décalé, une heure de temps rendue apres celle volée aux beaux jours. Une heure qui fera encore polemique dans les conversations d'autrui, entre les partisans et les detracteurs de cette institution mise en place à l'origine, il me semble, en but d'economie d'energie..

J'aime quand le jour se fait plus court, j'aime la penombre et la nuit tombante ; L'obscurité que j'éclaire a la lueur des bougies, l'odeur d'automne que je decore d'encens au parfum leger de chataignes grillées..
Je suis une fille de l'automne, ma saison s'acheve sous la tombée des feuilles et a nouveau je renais pour une nouvelle saison accordée, sous la fraicheur des matins, sous la paleur d'un soleil timide..

Cette heure offerte, je l'ai peut etre passée en futilité.. mais je l'ai passée en partie a griffoner les bribes de ce texte achevé dans l'apres-midi devant cet ecran..
Cette heure offerte a eu a mes yeux le sens que j'ai bien voulu lui donner : un peu de temps à mediter sur le temps.. le temps a donner a ceux, amis, qui prendront encore le temps de me lire..

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Souvenirs

Je me suis souvent demandé ce que je suis pour toi.. ce que je suis, je fus ou serais.. Mais jamais ces mots n'ont franchi mes levres, comme tant d'autres d'ailleurs..

Je ne suis pas de celles qui parlent.. je suis de celles qui ressentent, effleurent la vie du bout de l'ongle. Ombre ondulant a la lumiere des bougies.. Coeur bercé d'illusions, fatigué de ses battements quand le reve laisse sa place a la realité.

Qu'etais-je pour toi le jour ou nos regards se sont croisés..
Qu'as tu pensé a nos premiers mots echangés..
Le jour ou je fus a toi, t'en souviens-tu..
Pour moi tout était evidence, bercée dans la tranquille attente qu'elle le devienne aussi a tes yeux..

Que serais-je pour toi dans quelques temps, quelques mois, quelques années..
Que ressentiras-tu quand mon souvenir reviendra a ta mémoire..
Te rappeleras-tu alors du gout de mes baisers, la caresse de mes mains sur ta peau
Mon corps gemissant du desir d'etre tien..
Retrouveras-tu ces mots, confession en demi-teinte que tu sais deviner
Te souviendras tu encore de notre histoire..

Je me suis souvent demandé ce que j'étais pour toi.. revant a de doux moments a tes cotés, ceux qui ne m'ont jamais été accordés..

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Bed of flowers

Ouvrir a nouveau les yeux apres quelques temps de reflexion, enfermée au sein de mes abysses insondables.. M'observer, m'analyser, esprit critique exacerbé envers mon insignifiante existence mais qui, pourtant, garde sa place au milieu de vous tous..

J'aime ces renaissances, nouveau souffle jaillissant de mon mal-etre jamais vainqueur de mes combats reguliers, mon jumeau maléfique se terre a son tour pour laisser place a mon moi affamé

Affamé de vie, affamé de liberté.. affamé de renouveau dans la continuité..
D'amour et de passion, offrir une parcelle de mon etre a ceux qui pourront l'apprecier, mais qui ne sauront de moi que ce que je veux bien leur devoiler..
Mystere de ces moi enchevetrés.. de combien suis-je habitée..
de combien suis-je donc aimée, appreciée, detestée..

Merci a tous qui m'avez confiés vos mots ; amours, amis, connaissances ou presqu'inconnu..
Votre presence eclaire mes silences quand je m'endors pour un moment sous ce tapis de flore..

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