Aux oubliés de l'amour..

Impossible d'echapper au matraquage publicitaire de ces derniers jours : publicité visuelle, audio, par mails sauvages.. tous les moyens sont bons pour forcer l'hypothetique client qui se sentira obligé de depenser pour faire plaisir a son (sa) amoureux(se) du moment. Voici le jour de la Saint Valentin. Je vais faire abstraction du coté futile et mercantile de cette fete, je pense -et surtout j'espere- que mes rares lecteurs partagent mon avis : les sentiments ne se mesurent pas au nombre ni aux depenses faites en cadeaux divers..

Je reste partagée vis a vis de cette fete..
Mon coté romantique (oui il existe, meme si je m'applique a le cacher au mieux au fond de ma carapace..) s'extasie devant le bonheur simple des amoureux. Et meme si je peux paraitre entetee sur certains points bien definis de ma vie, je me surprends parfois a rever en les regardant.. peut etre qu'un jour moi aussi..

Mais l'espoir retombe souvent bien vite.
En cette journée ou il est bon ton de lancer son bonheur amoureux a la face du monde, je pense a ceux qui sont seuls et qui en souffrent..  Les mal aimés, les non aimés..

Il est facile de faire abstraction de Noel, pour simple excuse de n'avoir pas de famille.. c'est la fatalité.
Il n'est pas tellement difficile d'echapper au jour de l'an, pour cause de travail, de non-envie, on le fetera mieux une prochaine fois.. c'est un choix.
Il peut etre douloureux pour certains d'avouer qu'on ne fete pas la St Valentin par manque d'amoureux.. tout comme l'année precédente, tout comme la suivante certainement..
Il suffit de si peu de chose pour ne pas avoir droit au bonheur.. quelques différences qui nous rangent au banc des handicapés de l'amour. Toutes ces personnes qui finissent alors par trainer un coeur trop lourd, a force de ne pouvoir le partager.

Ce soir je reste seule chez moi a ecrire ces lignes. Soirére banale se resumant aux courses de survie parmis d'autres solitaires.. m'etonnant moi-meme d'arriver à présent a les detecter au simple contenu de leur panier ; au dérapage alimentaire ruinant en quelques minutes les efforts d'une semaine, suivi d'un bon bain delassant..
Je pense a mes amies seules aussi chez elles. Je sais que leur soirée est semblable a la mienne.
Ce matin au travail, je leur ai simplement dit que je les aimais..
J'ai révé d'une vie plus belle parfois, pour elles et moi..
J'ai juste parfois révé d'amour.

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A l'oubliée..

 

Je ne sais plus depuis combien de temps
Je ne sais plus qui m'y a jetée
Peut-etre moi-meme.. un soir d'été..

Les autres ne me voient pas, pour eux je n'existe pas

Laisse-moi hanter tes nuits
Laisse-moi devorer ton ame, dans tes reves me glisser
Je me reveille rien que pour toi..
Pour laisser sur ton corps l'empreinte de mes baisers
Te consumer jusqu'au petit matin.. et de nouveau disparaitre..
Replonger dans ce sommeil de mort, bercée de ton odeur

Les autres je ne les voient plus car dans ce monde je n'existe pas

A moins que ce ne soit toi...

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Les yeux clos je m'abandonne..

En ce moment je n'ecris plus, ou tout au moins j'ecris peu.. seuls quelques souvenirs libérés, quelques melodies que j'ai envie de partager nourrissent ces lignes, ponctuellement..

En ce moment je pense et je reve. Des reves qui n'ont pas leur place ici, peut etre.. Des reves timides, cachés, parfois fous. Des songes abrités au fond de mon coeur, que je n'ose laisser s'envoler. Ni par ecrits ni par mots. Par la simple peur que leur liberté une fois donnée, ils se consument et deviennent cendres, disparaissent alors pour toujours... brisés..

Des pensées qui me ramenent toujours a toi..
A la chaleur de tes mains sur mon corps, a mon envie de m'abandonner dans tes bras, bercée de tes caresses..
A ton odeur, de laquelle je m'ennivre certains matins peu avant le lever du jour..
Tes levres, douces et gourmandes.. qui m'appaisent autant qu'elle m'affolent..
A mes doigts parcourant les lignes de ton corps, l'effleurant doucement. L'apprendre lentement pour toujours m'en souvenir.. 
Te regarder.. juste te regarder. Me nourrir de ta silhouette, ton sourire, ton regard.. Ne rien dire, juste te regarder.. caresser du bout des cils les traits de ton visage..
Sentir nos mains, nos doigts emmelés, qui ne veulent plus se quitter..
Tout ce qui fait naitre en moi ce desir d'etre a toi..

Les yeux clos je m'abandonne, ce soir, au creu de mes reves..

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Une ame perdue..

Il est quelques personnes particulieres qui ont traversé ma vie. Pas des amitiés non, juste des anecdotes a moyen terme.

Ce fut le cas vers mes 16 ans. Mes années lycée étaient placées sous le signe de l'amusement et de l'amitié ; Ma vie au quotidien un peu moins rose : hebergée dans une famille d'accueil qui m'était étrangere et avec laquelle je n'avais aucune affinité. Je n'y suis d'ailleurs pas restée longtemps, mais ceci n'est pas l'objet de mon ecrit de ce soir.

Le sujet de ce texte est celui que je croisais un soir par semaine, le jeudi : journée ou mes cours s'achevaient au plus tard. Le chemin du retour me parraissait alors un peu penible pour une marche, et souvent je prennais le bus pour rentrer plus rapidement. Il se trouvait alors la, au fond, et descendait au meme arret que moi..

Je ne le voyais pas veritablement au debut, je distinguais sa silhouette et son eternel survetement bleu. Je l'entendais surtout. Ces quelques mots, toujours les meme, qu'il psalmodiait en me suivant.. d'un ton monocorde.. aussi lancinant que le rythme de ses pas.
On fini par s'habituer a tout. Et aussi etrange que cela puisse paraitre, n'importe quel detail peut se transformer en routine amusante a force d'habitude. Tous les jeudis soirs, a la meme heure, depuis le meme arret de bus et tout au long de la rue mal eclairée menant a la maison ou je logeais, l'histoire se repetait.. J'étais l'auditrice privilegiée de celui que je surnommais alors presque affectueusement "mon sadique".

Il suffit d'un détail pour que les choses changent, pour que les masques tombent et qu'une personne vous apparaisse sous un jour insoupconné. Ce détail fut un éclat de rire de ma part, un de ces jeudis où à l'heure precise, à la minute pres, j'entendais les habituels qualifiquatifs obcenes lancés furieusement envers la gente feminine toute entiere que je semblais alors representer a moi seule.
De cet eclat de rire s'ensuivit une ebauche de discussion. Un echange de paroles avec cet etre qui semblait alors tout autre, s'exprimant d'une voix différente.. une partie plus humaine se devoilait sous mes yeux.
Un etre malade certes, mais qui avait fini par trouver en ces jeudis une autre voie. Il marchait a present a ma hauteur, se confiait, s'etonnait meme d'une de mes rares absences. J'étais devenue bien malgré moi la confidente de cet homme atypique. Un homme qui toutefois se savait malade, en perte de reperes, un homme qui ne refusait pas les soins psychiatriques.. un homme sans veritable agressivité, ni d'autres passages a l'acte hormis les paroles.

Puis l'année scolaire s'est achevée, puis encore une fois j'ai deménagé pour un autre foyer, et cette petite anecdote est tombée aux oubliettes.
Jusqu'a cette semaine. Jusqu'a ce vendredi soir ou, fait ou pas du hasard, mon regard a ballayé l'ensemble des clients de la caisse voisine de la mienne ou je patientais tranquillement avant de regler mes quelques achats.
Il était la.. de suite je l'ai reconnu.
Il a vieilli bien sur, son visage était plus emacié que dans mon souvenir, cheveux clairsemés et legerement vouté. Mon sadique.. 20 ans plus tard nos chemins se croisaient a nouveau.

Je n'ai pas pu oter mon regard de lui jusqu'a ce qu'il disparaisse de ma vue. Mes souvenirs ont ressurgis et.. etrangement, j'ai été emue.. attristée. Je l'ai observé, et j'ai été touchée par sa difficulté a remplir son sac de ses quelques courses, touchée par ses gestes desordonnés et repetitifs. Par son regard aussi, fuyant tout autre qui passait dans son champ de vision, nez au sol, tel un animal apeuré.

A ce moment meme j'ai presque eu de la peine, je n'ai ressenti en lui qu'une ame perdue..

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Jour apres jour..

Encore une fois une année s'est eteinte, laissant place a l'aube d'une nouvelle..
Et comme toujours je regarde ce qu'il reste de ces 365 journées ecoulées avant de classer ce livre de vie dans la malle de mes souvenirs.

Cette année, je l'ai aimée. Elle a pris naissance sous le signe de changements importants, et s'est ecoulée dans la serénité. J'y ai trouvé et construit mon abri, tout juste rempli du peu qui me tenait a coeur, des amitiés fideles, et de passion.. etincelle ardente du feu de mes inspirations.
Cette année je me suis posée, reposée. J'ai levé les yeux vers d'autres univers venus par hasard (?) frapper a ma porte. Et meme si pour la plupart, ces nouvelles connaissances ne furent que quelques etoiles filant dans mon ciel, elles étaient lumineuses de leur enrichissement.
Cette annee j'étais dans ma chrysalide.. quittant totalement une partie de moi morte a jamais.. m'eveillant lentement en un nouvel etre dont certaines caracteristiques m'étaient encore inconnues peu de temps avant..

Au crepuscule de cette année ecoulée, j'ai a nouveau laissé derriere moi certaines choses qui ne me correspondait plus, de meme que j'y ai abandonné ceux pour qui je n'apportait plus rien.
Je garde tout contre moi le bon pour demarrer cette nouvelle année.
Je ne sais pas encore qui sortira de cette chrysalide, ni quand.. Il faut parfois savoir prendre son temps pour evoluer, et j'aime tant la saveur douce-amere de l'attente..

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