Juste une erreur de parcours

Souvent je m'interroge sur la proportion par laquelle notre enfance, toutes les bases de notre vecu, influence notre vie future. Entre l'idée de l'inné, de l'acquis, notre propre caractere, notre heritage biologique, nos experiences.. tous ces elements qui font ce que nous sommes au final.

Et si mon enfance avait été toute différente de celle vecue, serais-je alors la meme actuellement ? Je peux aisément imaginer un double de moi meme, forgée par des années de vie "normales" passées dans une famille "classique" (selon les criteres d'humanité les plus courantes..), avec des parents, des freres, des soeurs, et un enseignement de la vie des plus traditionnel où prone la formule mathématique qu'on nous inculque le plus souvent, celle qui nous force à penser que l'accomplissement de soi, le bonheur, se resume en mariage + enfants + voiture + maison + travail (en option)
Serais-je alors heureuse ou pas ? mere de famille peut etre, mariée, celibataire endurcie, avec ou sans activité professionnelle... ? J'en arrive meme en fermant les yeux a m'imaginer ce que pourrait etre la vie de ce "double" inventé.

Je me souviens souvent de mes premieres années, de cette epoque solitaire ou mes grand-parents m'apprenait qu'il ne faut compter que sur soi-meme, avancer seule dans la vie, se satisfaire des plaisirs simples et ne pas envier ce qu'on ne pourra jamais avoir.
Je me demande en quelle infime proportion chaque membres de ma famille a laissé sa trace dans mes genes, qu'elle soit physique ou psychique. De ma grand mere je tiens sa fierté (souvent mal placée dira ma meilleure amie...) et son entetement... De ma mere je pense detenir mon coté le plus doux, si j'en refere a mes souvenirs d'elle.. de mon pere certainement tous mes defauts, cela va de soi... de mon grand-pere, je ne sais pas... et au milieu de tout ca, ajoutons alors une pincée du simple "moi" pour finaliser le resultat.

Resultat d'ailleurs assez surprenant, parfois si paradoxal.. pouvant s'eveiller petite fille pour s'achever diablesse au plus tard de la nuit.. affichant ses différences sans vouloir se faire remarquer.. Se caractérisant elle-meme d'une affligeante banalité, tout en refusant une vie stéréotypée...
Croyant en son destin, alors qu'elle n'était en rien destinée, juste une erreur de parcours qui achevera sa lignée.

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La splendeur du mal(e)

J'étais heureuse quand le soleil a frappé aux vitres pour m'inviter a sortir.. sourire aux levres j'avance droit devant moi sans but precis. Simplement gouter les premieres douceurs d'un printemps preparant son retour en silence, regard perdu dans le vague. Je reve de me laisser couler dans ce fleuve que je traverse, juste imaginer jusqu'où mon corps serait emmené.. Je pense alors qu'il va me falloir trouver de nouveaux endroits pour profiter du calme a présent, reussir a fuir le trop-plein de foule de la ville.

Coupée du monde alentours par la barriere protectrice que m'offre la musique, c'est a peine si j'avais remarqué cet homme dans l'ombre. Je n'ai pu l'ignorer longtemps, malheureusement, tandis qu'il faisait de son mieux pour attirer mon regard sur la partie basse de sa personne.
Il faut avoir une bien etrange opinion de soi pour penser provoquer quelconque emotion en se montrant ainsi. Se sent-il superieur en esperant inquieter, choquer, provoquer colere et panique... Il doit trouver un plaisir malsain, c'est certain, a brandir si fierement ses attributs masculins ; un plaisir doublé de fierté en bravant l'interdit.. ou est-ce tout simplement un esprit malade qui ne sait meme plus ce qu'il fait.. ?
Je lis alors les quelques mots d'insulte sur ses levres, surement vexé du peu de reaction de ma part devant son anatomie toute devoilée à mes yeux.

C'est peine perdue, j'avoues etre plus receptive à l'esthetique d'un corps féminin (exception faite bien sur du corps de mon bien-aimé quand il existe..), à ces silhouettes aux courbes douces et voluptueuses. Je n'ai jamais croisé sur mon chemin, et il ne me semble pas que quiconque m'en ai parlé un jour, une femme cachée dans l'ombre qui s'exposerai ainsi et de maniere si agressive. Je ne peux m'empecher de rire en m'imaginant un instant dans ce role...

J'esperai profiter du soleil en cette douce apres-midi, peut etre trouver quelques brins de verdure naissant, ecouter les chants des petits oiseaux.. mais pas croiser la vue de celui qui me fut imposé. Ce n'est pas encore aujourd'hui que le Male Dominant remontera dans mon estime...

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Delit de delices

Regard posé sur tes rondeurs, forme simple titillant ma gourmandise, la couleur sobre de ta robe me laisse imaginer ton gout sucré. Je te caresse du regard avant que mes doigts te mene delicatement vers mes levres. C'est a peine si j'ecoute ce sentiment de culpabilité quand ma bouche se referme, et que je me regale de toi dès la premiere bouchée ; jouant de ma langue gourmande des la seconde, caressant la douceur de ton intérieur tandis que mes doigts se perdent alors en toi... Ton gout chocolaté innonde mes papilles de bonheur.. tandis que petit a petit tu disparais totalement.. Tu n'es deja plus qu'un souvenir. J'ai succombé avec plaisir a ce peché de gourmandise, ce peché a présent montré du doigt par la mode de cette chasse aux calories.. serais-je a mon tour menacée du bucher pour avoir failli ? succombé à toi, dont meme le nom que l'on te donne me fait penser a la rigueur et froideur d'une vie monastique...

Si peu honteuse de ce moment passé, je plonge alors mon corps dans d'autres delices. La chaleur de l'eau m'ettreint lentement ; la mousse recouvre ma peau cachant ma nudité aux regards fantomes que je peux imaginer tout autours, les symboles encrés sur cette chair trouvent une nouvelle identité sous l'eclat de l'eau, liberent leur propre vie..
Les yeux fermés je me laisse envahir de chaleur, douceur et volupté.. ma main glisse sur ma peau au rythme de cet air oriental.. ces caresses lancinantes que je m'autorise m'emmenent aux confins de mon etre, de mes souvenirs, tandis qu'il me semble alors qu'elle ne m'appartient plus..
Peché de paresse, je me noie alors dans ta douceur, et plonge dans mes songes interdits.

Un sourire, Un regard.. si j'osais m'abandonner, toute entiere.. me delecter de la saveur de sa peau, decouvrir et couvrir son corps de douceur exquise, en explorer lentement tous les recoins et contours, ouvrir la porte a cet appetit insassiable, y succomber enfin, puis laisser alors la flamme du désir me consumer entierement pour n'etre plus que cendres de reves, une ombre, un souvenir... et disparaitre alors à tout jamais.

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Run Away

Avoir passé tant de temps, tant de temps, de mois, d'années dans cette cage dorée. Un semblant de vie qu'on dit normale, de vie sans plus aucune surprise.. mon ame etouffant dans ce moi-meme totalement faussé, fondu dans un decor de papier, terni, usé, abimé..

Et un jour, un jour que rien ne presageait, une porte s'est ouverte... Ouverte sur l'inconnu. Et si tout était plus beau derriere ce brouillard ? Et si tout était veritablement plus beau et plus simple ? Et si les reves y avaient leur place ? Peut etre que tout sera plus sombre aussi... Peut etre que plus loin il n'y a rien, simplement la fin.. la solitude, la faim, le froid, l'ultime douleur infligée, le sang et enfin l'abandon de moi...

J'ai alors levé la tete j'ai sauté, plongé a corps perdu vers l'inconnu.. contre toute attente mes ailes se sont eveillées, leur griffes acerées ont fini par dechirer les derniers liens qui me retenaient. S'envoler, s'envoler enfin... de plus en plus vite, de plus en plus loin ; ne plus avoir peur, rester sourde a present à leurs appels, à leur fausses promesses, ne plus jamais se laisser attraper... ne plus en vouloir a force de ne plus en pouvoir...

De plus en plus vite, de plus en plus loin... grisée par la liberté retrouvée je plonge a nouveau dans la vie, dans ma vie. Je savoure tous ces moments offerts ; le vent glacé brulant mon visage, je respire du plus fort que je peux ce parfum ennivrant, mes poumons etouffent de bonheur, chaque battement de mon coeur resonne dans mon etre tout entier, tandis que mes ailes se renforcent et trouvent leur rythme en un mouvement regulier. J'ai tant de choses a decouvrir, tant de mysteres a devoiler, je veux tout gouter sans jamais m'arreter..

Peux etre qu'un jour je brulerai ces ailes a trop vouloir toucher mon ideal, peut etre que ma liberté sera cher payé dans la souffrance de la vieillesse ; peut etre qu'un matin ma chute sera fatale, epuisée alors par un trop long chemin en solitaire ...
Mais a présent je sais que le bonheur ne c'est jamais trouvé dans ce que j'ai un jour possedé, dans ceux que j'ai cru aimer.. le bonheur est apparu dans tout ce que j'ai enfin jeté, et laissé derriere a tout jamais.
Oser.. oser un jour gouter la liberté et ne plus jamais vouloir s'en passer.

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Le reveil

Aux premieres lueurs de ce soleil encore faible, mon corps s'eveille..

Mon esprit reste embrumé par l'anesthesie hivernale que je lui ai imposé.. Envie de marcher.. besoin d'avancer droit devant moi, sans meme savoir ou mes pas vont me mener. Besoin de me poser dans un coin au calme, d'observer de loin cette foule compacte, tous ces gens vivants, intriguée par leur rires, leur cris, les premiers spectacles de rue..
Et lentement je leve mon regard vers le ciel, inspire a petite dose cet air nouveau.. la vie s'impose a moi a ce moment meme : elle veux me pousser je le sais a avancer encore, a continuer de vivre pour des jours, des semaines, des saisons..
Les yeux rivés sur ce ciel d'azur, il me tarderai presque de sortir de mon cocon.

Assise sur ces vieilles pierres j'ai attendu le coucher du soleil ; assise sur ces vieilles pierres j'ai senti la brulure de la seve renaitre en mes veines ; Assise sur ces vieilles pierres mon coeur s'est reveillé...

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