Parfum d'antant..

La voila enfin cette angoissante sensation du couperet qui s'abat sur ma tete dans un bruit sourd, marquant de plus de plus profondément la différence de génération..
Elle n'est pas apparue par mes premiers cheveux blancs ou mes premieres rides encore peu visible j'ai cette chance, mais simplement par le fait que je ne les comprends plus... Entre l'ecriture stylisée sms, les termes actuels anglophones et toutes ces expressions d'adolescents.. voilà que parfois je me perds et me sent alors etrangere ! 

Oh pas que je sois sans faille ou excelle en vocabulaire, bien au contraire.. je ne suis pas assez prolixe lors de mes discussions pour manier avec brio cette matiere, encore un de mes grands defauts..
J'ai quelque tendresse pour des mots au charme desuet, oubliés. Ils me font sourire lorsqu'ils me trottent en tete comme en cette fin de journée, font plisser les yeux de mes compagnons de discussions lorsqu'ils se glissent en nos conversations, et offrent un air de legereté a quelques souvenirs partagés...

*Je vous invite, Messire, en ma modeste garconniere..
Point de palabres ou de ripailles, troussez-moi donc jupes et jupons, sans aucune facon..
Avec votre air canaille, fessez-moi comme il se doit, tant est que je le merite..
et a defaut de foin, culbutez-moi dans un coin.. car il me semble que pour la gaudriole, vous avez fait bonne ecole.. *

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Pensées pour une amie..

 

Quand le drame s'abat, on n'ose parfois le trop.. au risque de s'enliser dans le trop peu
Trouver les mots qui reconforte n'est pas toujours aisé

Au-dela de ces quelques paroles echangées, tu sais qu'elles voulaient dire bien plus
Je suis la, nos autres amies sont la
Nous pensons fort a toi..

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Quelques jours de repos..

Ce soir, vers 18 h, je tourne deux fois la clé de la porte du bureau et le quitte avec l'esprit ailleurs car enfin je m'accorde quelques jours de farniente, de repos bien mérité si j'en recense les rares jours de congés pris depuis le début de l'année.

Demain matin je vais oublier le chant du radio-reveil, les paupieres encore lourdes qui refusent de s'ouvrir et mon air hagard tant que la douche salvatrice matinale ne m'a pas sortie de mes reves avec grand mal.. Demain matin, un jour de semaine, je vais laisser mon corps s'eveiller quand il l'aura désiré.. de meme que les jours suivants.. a moins qu'une voix amie m'extirpe de mes reveries par le biais de cette chose qui pose pres de mon lit : quelle belle invention que le téléphone portable..

Enfin quelques jours a savourer. Mis a part les evenements importants notés sur mon agenda, le reste du temps m'appartiendra entierement, doux delice d'egoisme je l'avoue.
Des ce soir deja, j'ai degusté pleinement les premiers instants de calme : allongée sur mon lit, fenetres ouvertes et volets mi-clos, je me laissais hypnotiser par la violence de cet orage. Je revais d'une douce presence tandis que la pluie redoublais de force, innondant ce pauvre pigeon qui n'avait pas choisi le meilleur abri.. Ce n'est pas bien malin un pigeon..
D'un sms je me mit alors a remercier les pieds douloureux de mon amie de randonnée citadine : ils ont bien fait d'annuler notre ballade prevue ce soir à la sortie du travail !
J'aime observer les teintes que prend alors ce ciel en furie, les grondements de plus en plus proches, les soudaines rafales de vents.. le ciel semble animé d'une colere animale, profonde et indomptable.. je ne peux plus m'approcher de lui comme avant, quand je restais sous l'auvent de la maison attendant qu'il s'appaise.. a present je reste a ma fenetre, tel que je le faisais étant enfant. 

Mes vacances d'été s'annoncent sous un ciel bien bas. Vacances d'été ? Non je n'irai pas jusque la.. un peu de repos la veille de cette nuit la plus longue de l'année.. un peu de repos apres.. et retour au bureau des la semaine prochaine !!!!!! Je ne deroge pas encore cette année a mes grands principes...

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Bonne fete... papa....

Dans la demi-douzaine de mails quotidiens qui emplissent ma boite virtuelle principale, un sujet revient souvent ces derniers jours : "bientot la fete des peres".. tels un marteau ils frappent obstinément à la porte de mes souvenirs..

Mon pere.. papa... je ne crois pas avoir utilisé une seule fois ce mot enfantin pour te designer. "Tien, IL est la.. " "Encore LUI..." était mes pensées quand je te voyais, généralement lors de ta rare visite dominicale, parfois mensuelle, chez mes grands parents qui m'elevait.

Mon pere... un geniteur rien de plus a mes yeux, celui qui m'a faite par erreur, durant la courte periode ou tu frequentais ma mere. Jeune femme handicapée qui croyait peut etre avoir trouvé un homme sincere.. Elle semblait y croire oui, sur ces photos.. Mais tu avais cette facheuse habitude, je l'ai su un peu plus tard, de profiter financierement de femmes esseulées.. les proies faciles.. travailler était pour toi un mot a bannir. 

Mon pere.. tu n'as jamais pris ton role de pere au serieux. Alcoolique, violent lors de crises de delirium, menteur bien sur, voleur, blouson noir.. toi si petit et maigrelet, je t'imagine bien ce cran d'arret a la main. Celui qui ne te quittait jamais, arme que tu as meme osé brandir contre ma grand-mere, ta propre mere, la menacant de mort devant mes yeux d'enfant..

Mon pere... des mon plus jeune age je ne t'ai pas aimé. Des mes premieres années je me suis méfiée, je ne m'approchais guere de toi et venir te dire bonjour était un supplice, tu le savais d'ailleurs tres bien, tu le ressentais tout autant que moi. Une fois grandie, tu m'as dit un jour que tu voulais me prendre chez toi.. m'elever.. j'avais 13 ans. Qu'avais tu fais pour me montrer ton attachement durant ces 13 premieres années de ma vie ? Je me souviens seulement des disputes violentes qui achevaient généralement tes rares visites a la maison..

J'avais 13 ans, j'étais encore une enfant, presque une petite fille.. mais je me souviendrais toujours de cet apres-midi ou tu m'en a parlé. Nous etions seuls dans le salon, ma grand-mere dans la cuisine, affairée. Tu m'as regardé, tu m'as alors demandé de lever ma jupe.. allez c'est juste entre nous, je suis ton papa, j'ai le droit.. je n'oublierai pas ton regard, et ce geste.. Tu m'a ensuite dit que j'allais vivre chez toi, que j'allais te rapporter de l'argent.. tu riais.. 

Je n'ai pas osé en parler de suite a ma grand-mere. Le honte ettreint toujours les enfants victimes, il a fallu que je me force, moi si timide, que je retourne des dizaine de fois dans ma tete la maniere d'aborder le sujet, en retenant mes larmes.. je savais qu'elle en souffrirai..

Tu a été dechu de tes droits parentaux, tu as eu interdiction meme de nous approcher, a cause de ta violence. Je n'ai eu ensuite que tres peu de nouvelles de toi, et mon ultime souvenir fut la fois ou j'ai du chercher secours aupres de la police, pour qu'il t'emmene de force.. j'avais 16 ans. Ils t'ont enfin eloigné de nous, pour toujours...

Je ne sais pas si tu es encore en vie, et j'avoue que c'est bien le cadet de mes soucis.
Je rejette sur toi mon maletre face aux hommes, j'estime que tu en es la cause principale.
Je crois n'avoir jamais réussi a me sentir en confiance dans les bras d'un  homme, n'avoir jamais reussi à ressentir une veritable protection.  Il faut dire aussi que ce n'est pas le genre d'homme qui croise habituellement ma route : celui qui m'aurait aimée, protegée, celui qui aurait pu me redonner confiance en moi, en lui, fonder peut etre une famille un jour..

0ui, tu m'as offert une bien pietre opinion de l'homme... c'est tout ce que tu as su faire pour moi.
Je n'ai jamais eu l'occasion de te dire ces mots, et tres peu de personnes sont au courant de cette partie de moi..
Ce soir j'ai eu envie de liberer une fois pour toutes ces années de rancoeur et de colere pour le mal que tu as fais.

Alors.. bonne fete.. papa.. 

 

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Rdv nocturne

Du fond de mon lit, voila que j'ai pris mon bloc et j'ecris..
Je cherchai ce soir un sujet d'ecriture, sans en trouver un seul que j'ai estimé valable. L'inspiration n'est pas toujours présente, si toutefois j'en possede parfois.

Un oeil distrait sur la télé allumée.. Il est rare qu'elle se trouve en position "on" mais pour une fois j'ingurgite quelques programmes tout public.
Mon autre oeil bifurque distraitement vers l'ecran de l'ordinateur posé en face.. je veille sur mon nouveau forum sans pour autant y prendre part.. pas ce soir.

Bien callée contre mes oreillers, je m'imagine fermer la lumiere et discuter. Parler, echanger, juste un echange de voix chuchottées dans la penombre. Pas avec mes compagnons habituels de discussions nocturnes via cet ecran et ce clavier.. mais une vraie presence, de vraies paroles.

Parle-moi.. livre-moi tes pensées, tes reves, tes bonheurs quotidiens, tes instants de rire.. ces simples moments que je ne connais pas ;
Confie-moi tes craintes, tes doutes et tes peurs.. d'un geste leger je les attrape, puis les fais disparaitre d'un sortilege enchanteur ;
J'aimerai m'infiltrer dans ton esprit.. la à cet instant meme ou j'ecris.. y decrouvrir ses secrets ;
Raconte-moi ce que tu ressens quand nos regards se croisent, les souvenirs que l'on partage.. je me demande souvent si ce sont les memes moments que l'on a le plus appréciés.. tout ces petits tresors que je garde bien cachés. 

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