Retour de la Bulle

Si quelques visiteurs ont tenté d'acceder ces derniers jours sur ce blog, ils ont constaté l'impossibilité d'ouvrir la page.. La raison : une panne de serveur, cela arrive de temps en temps..  

De l'autre coté de Mabulle, j'attendais plus ou moins patiemment le retour a la normale. Quelques envies d'ecrire, je tentais la connexion.. rien..
Frustrant.. frustrant de ne pouvoir laisser s'envoler quelques ecrits ; frustrant de ne pas pouvoir visiter les autres bulles-amies.. la seule consolation étant de me dire que je n'étais pas la seule dans ce cas. 

Et si la panne se prolongeait ??  Et si la panne était.. definitive ?
Un instant cette idée m'est venue a l'esprit. Et j'avoue avoir ressenti quelques angoisses : si ce site était mort, que devenait alors mes ecrits ? Pas que je leur voue une grande estime, mais oui ils ont leur importance, ne serait-ce que sentimentalement.
Ces souvenirs de quelques moments volés, mes sentiments devoilés en demi-teinte, mes lignes offertes à l'inconnu.. et s'ils disparaissaient pour toujours ? Et si tous ces moments vecus disparaissaient en meme temps.. tel les lignes d'un livre qui s'efface petit a petit..  Perdu a jamais dans les limbes de l'oubli, comme si rien n'avait existé.
Et s'il n'y avait jamais rien eu.. que notre memoire efface definitivement cette partie de notre vecu, que notre memoire était simplement reliée à ces lignes.. 

Ce matin au reveil, j'ai voulu tout faire pour conjurer le sort.
Garder et sauvegarder cette histoire, notre histoire, precieusement, pour que rien  ne puisse l'atteindre et la detruire.. la ranger avec precaution pour la revivre alors sans fin, pour faire s'envoler encore et encore ces bulles de souvenirs passés, présents et futurs..

Ce matin de nombreuses Bulle flottent a nouveau sur la toile d'internet, et au millieu d'elles, celle-ci..   

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Dis-moi comment tu laves ton linge...

Il est des gestes quotidiens repétitifs, il est des moments quasi hebdomadaires auxquels je n'échappe pas non plus : ma vie actuelle au sein de ce nid douillet de 20m2 m'a permi de redecouvrir une de ces activités que je pratiquais regulièrement vers mes 20 ans : les heures passées à la laverie du quartier.
Cela n'a rien de désagréable je l'avoue, meme si certains s'étonnent parfois que je ne possede pas de machine a laver. Manque de place tout simplement. Rassurez-vous, avant de demenager je connaissais ce confort.. je ne suis pas si sauvage tout de meme..

Sac rempli de linge, lessive, assouplissant, musique et lecture.. me voici parée pour m'imiscer dans ce microcosme qu'est l'univers de la laverie automatique.
Les habitués sont facilement classables, et pour peu que j'y retourne le meme jour de la semaine dans la meme tranche horaire, je peux parfois y croiser les memes tetes. 
Apres le rituel du remplissage de la machine, detergent, argent dans le monayeur, mise en route, je pose mon fessier sur l'inconfortable siege. D'un oeil je lis ce "livre de poche de sac", et observe les alentours de l'autre.. 

 

Je disais donc que la faune habituelle de ce lieu se distingue en catégories tres facile a classer :

Vous y croisez les laveurs de couette ou duvet. Ceux là viennent occasionnellement, souvent en couple ou avec enfant. Il est vrai que les machines a laver "domestiques" sont bien trop petites pour cette tache. Le laveur de couette ou duvet tente souvent de se debrouiller seul ou avec son conjoint et/ou enfant, investir l'unique machine grande capacité reservée a cet effet si elle n'est pas deja occupée (dans ce cas et face a leur deception, je leur indique que dans la rue voisine se trouve une autre laverie speciale avec plusieurs machines grandes capacité.. vous voyez que je peux etre gentille... parfois...). Une fois la tournée demarée, ils choisissent souvent d'aller se promener, non sans inquiétude de savoir comment il vont retrouver leur couette ou duvet.. jetant un dernier regard soupconneux a cette machine assez bruyante il est vrai..

Aux laveurs de couettes et duvets, j'associe les groupes "en panne de machine" et les "tout juste installés en couple". Eux aussi viennent occasionnellement, mais avec une quantité non négligeable de linge. Les premiers n'hesiteront pas a faire cas de leur desaroi, en demandant conseils aux habitués (c'est a dire souvent moi, j'ai une tete d'habituée apparement...). Deux, parfois trois machines emplies, une fois les grandes indications données et leur linge commencant a tourner, j'ai droits aux remerciements les plus chaleureux et leur regards soulagés tandis qu'ils echangent quelques mots en partant se promener a leur tour "tu vois je te l'avais dis c'est pas compliqué..".
Les "tout juste installés en couple" doivent etre d'anciens habitués solitaires, ils n'ont souvent besoin d'aucun conseil. 

Et voici enfin la grande catégorie, la plus amusante a analyser, celle dont je fais aussi partie "les vieux celibataires", ceux qui vivent dans un minuscule appartement, ceux qui cotoient ces lieux depuis des mois, des années.. Parfois on revoit les meme visages, on fini meme par se saluer et esquiser un sourire.
Il y a toujours des nouveaux venus, ceux a qui parfois je prodigue les memes conseils (je fus bien heureuse qu'une personne m'ait aidé le tout premier soir ou je suis venue ici, alors a mon tour je fais partager les grands secrets et coutumes du clan des sans machines a laver domestique...) : attention les bacs a lessives sont inversés par rapport a l'affiche.. les programmes sont la.. il faut taper le code avant de mettre l'argent.. tenez j'ai de la monnaie, les billets ont toujours des difficultés a passer.. Souvent la discussion se stoppera apres ces quelques echanges courtois, je continue alors ma lecture ou remets les ecouteurs de mon lecteur mp3 sur mes oreilles si je suis dans un jour "sociabilité off'

Il est parfois quelques indigenes inoubliables.
Je pense a ce jeune homme venu une fois, melangeant sans distinction tous ses vetements (laine avec le coton.. quel sacrilege..) et dont le jus de lavage avait plus la couleur d'un bain de boue qu'autre chose. Lui meme aurait pu entrer tout entier dans la machine.. je me suis faite cette reflexion quand il s'est assis sur l'un des 4 sieges inconfortables (si peu de sieges pour 13 machines.. parfois on joue a "qui va au sechoir ne pourra plus s'asseoir") et que mon nez delicat s'est aussitot mis en alerte.

Aux antipodes, je me souviens de cet homme agé. Il a scruté toutes les machines avant que son choix ne se decide enfin sur la derniere. Il a alors sorti un flacon d'un produit inconnu, un chiffon.. et a entrepris de nettoyer minutieusement l'ensemble de la partie reservée aux detergents : un bon quart d'heure. Il a ensuite inspecté le tambour d'un air inquiet, passé un coup de nettoyant sur l'intérieur du hublot.. avant de prendre chacun de ses effets personnels qu'il voulait laver : les inspectant un a un a leur tour, ajoutant tantot un produit detachant, tantot un autre produit inconnu sur chacun avant de les deposer avec multiples precautions dans le tambour.
Il a preferé rester un temps debout au coté de "sa" machine : la seule place assise restant libre a ce moment étant le siege voisin du mien. Je le voyais bien me regarder d'un air.. comment dire.. choqué.. et tourner la tete des que nos regards se croisaient. Je me suis longtemps demandé si sa vie entiere était aussi stricte et maniaque que durant cet episode. Dis moi comment tu laves ton linge, je te dirai qui tu es.. 

Je ne peux pas finir ma prose sans noter que bien sur la laverie du quartier est aussi un lieu de drague.. etonnant ?? Les techniques sont limitées il me semble : il y a ceux qui vont tenter la conversation apres avoir demandé quelconque renseignement ; Il y a ceux qui sont adeptes de l'attaque foudroyante et directe au moment ou je commence a ranger ce linge bien propre sorti du sechoir tout en tentant de se faire aussi discret qu'impossible, devant les regards amusés des autres habitués.. et le mien legerement irrité.

Je n'ai encore jamais croisé un specimen du genre "publicité pour une marque de jean's bien connue" qui serait bien mis de sa personne, venant alors laver les seuls vetements qu'il porterait sur lui.. nous offrant un strip-tease a la hauteur du reve laissé par un ancien spot publicitaire.. quelle tristesse.
Ce reve amusant disparait tel une bulle de lessive tandis que je laisse en plan mon dragueur a l'attaque foudroyante.. une fois rentrée je poserai mon nez sur ce linge parfumé et encore tiede que je n'aurai plus qu'a ranger. 

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A l'absent..

Le temps... le murmure des secondes qui s'abattent, inexorables et regulieres. Ce temps qui parfois est bien trop rapide, où l'on aimerait qu'il puisse ralentir sa course, a defaut de se stopper.. s'il pouvait nous offrir quelques secondes de plus a savourer, a partager, a aimer.. 

Ce temps qui ponctue mes souvenirs, marquant ses dates dans ma conscience ; y laissant les traces indélébiles d'une rencontre, d'un regard echangé, juste un instant, à un moment precis.. nul besoin de mots ou de gestes. Ce temps qui se suspend soudain.. enfin..

L'espoir, l'attente, et le temps qui se mue en ennui. Les minutes qui se figent, les jours sans fin, l'espoir qui s'amenuise alors.. demain.. peut etre.. bientot.. quand.. et si plus jamais.. jamais.. jamais..
Les complaintes d'inquietudes qui ronge l'esprit avant que la tristesse devore le coeur.. les secondes qui resonnent alors, me laissant divaguer dans les meandres de toutes ces questions que je me pose.
Detestable torture que ce temps qui passe.. Tel un doigt accusateur, le tic-tac de l'horloge me rapelle ton absence par son rythme entetant..

Le temps qui finira par soigner mes blessures, peut etre..
Quand a force d'attente je ne serai devenu qu'un souvenir.. un portrait aux lignes effacées..

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Delirium ronchonum

Depuis quelques jours, sans aucune raison, la mauvaise humeur s'empare de moi. Je me scinde en deux personnes selon les heures.. la gentille supportant railleries et sarcasmes de la plus mauvaise, qui ronchonne dans son coin au fin fond de mes tenebres.. une petite boule de nerfs acariatre et colereuse ; un pou enragé agrippé a l'ultime survivant capillaire d'un dome calvicié ; un diable de Tasmanie souffrant d'une rage de dent..
Mais rien de tragique en soi, tant que le "moi-gentille" arrive encore a rire de tout ca. 

Je vais mettre cet etat d'esprit sur le compte de la fatigue. Je dors peu, et mal, je n'ai jamais bien dormi meme étant enfant. Mais a certains moments la fatigue se ressent c'est evident. Reveillée souvent par mes propres cris au millieu des reves glauques, sans fondements, sans queue ni tete, plus que de veritables cauchemars. Heureusement que je dors seule.. je ferai certes fuir n'importe quel compagnon nocturne, meme s'il était armé des plus douces intentions : non seulement elle ne dors presque jamais, et quand elle dors elle hurle..  Haha je me demande si mes voisins m'entendent.. ils doivent se demander ce que je fais de mes nuits...

Ma confortable literie serait-elle quelquepeu responsable ? Ce magnifique matelas vieux de plus de quinze années, jeté a meme le sol, sur lequel je me sens l'ame d'un fakir. Difficile le matin de s'extirper de ces ressorts.. Haa pauvres lombaires ! Parfois je m'imagine qu'une de ces tiges d'acier cede et m'empale durant la nuit.. ouille.. Je croise les doigts pour que cela n'arrive pas lors d'une visite courtoise qui fera alors la une du quotidien régionnal : "Meurtre horrible, elle tortura et empala son amant avec les ressorts de son matelas.. photos en page trois.. Les voisins temoignent de cris reguliers qu'ils entendaient généralement la nuit.. malgré le fait que cette jeune femme vivait seule."
Monsieur le Juge, Mesdames et Messieurs les Jurés, comment pourrais-je alors vous prouver mon innocence, par la plaidoirie de défense ou seuls les mots insomnie, cauchemars, mauvaise literie et manque de chance chronique seront cités... le fait d'etre née un vendredi 13 pourra-t-il etre retenu ?
Quant a la victime, pauvre de lui.. comment voudrais-je faire du mal a ce jeune homme ne desirant que mon bien, meme s'il s'accordait le sacrifice de lui meme pour cette tache, ce n'était pas a ce point... 

 

L'ennui me rend ronchonne.. je ronchonne quand je m'ennuie.. cercle vicieux. Je devrais peut etre me trouver des activités, autres que celles que je pratique actuellement mais qui sont parfaitement inutiles dans le fond : "ma pauvre fille, qui donc s'interesse a tes delires photos et a tes lignes.. personne ne s'interesse aux autres de nos jours, seulement a soi-meme, la preuve tu fais quoi ?? Tu t'ecris en fait, tu photographies ton image face au temps qui passe.. et tu regardera tout ca avec nostalgie dans 10 ou 20 ans. Tu n'en parleras pas en riant a tes petits-enfants, puisque tu n'a meme pas été capable de fonder une famille, d'avoir su garder un homme, d'avoir été aimée.. hoo tu te cachais derriere ton armure nommée liberté mais en fait c'était pour ne pas avouer que tu as été incapable de faire comme tout le monde, et que dans le fond tu es bien seule et insignifiante, dotée d'une peur et d'un total manque de confiance en toi-meme, envers les autres.. et oui je suis encore la, le pou acariatre, heureusement que je te ramene a la réalité.."

Trouver des activités.. c'est bien beau comme idée.. il va falloir que je me bouge.
Je me remets a la lecture, c'est decidé. Je n'ai jamais lu de grands classiques, alors autant profiter de cette solitude pour tenter de booster ma matiere grise.. Ca me donnera un sujet de conversation si jamais l'occasion s'offre a moi. Je vais investir dans les "livre de poche", commencons tranquillement, et ca prendra moins de place dans ma garconniere.. De plus c'est pratique pour emmener partout, meme si je n'ai guere de poche..
Je vais me trouver des loisirs, c'est decidé.. et en dernier ultimatum il me restera le club de bridge ou la salle de sport du quartier.. le ridicule ne tue pas mais si je dois me plier a cette extremité, il en sera fini de moi !! 

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Liberté

Je me surprends encore avec ce besoin de faire le vide autours de moi. Brutalement, sans raison apparente.. voila que je jette au feu virtuel quelques souvenirs que je cherissais encore si recemment.

Un besoin de tourner des pages, de renier tout attachement, tout lien avec un certain passé.. et pourtant je sais combien je peux etre attachée au passé parfois.. a la memoire du temps.
Alors qu'hier encore je gardais une tendresse pour mes premiers essais sur le net, voila que je tire définitivement un trait dessus. Ce soir j'ai clos une fois pour toute certaines traces : terminé mon premier site, je ne mets plus les pieds sur mon forum et j'en ai bloqué les admissions eventuelles ; de meme que je tourne le dos a ce qui fut ma famille virtuelle recente : Reine d'un temps dans un clan au milieu d'un jeu de role vampirique, ce soir j'ai repris ma liberté.. continuant l'aventure mais en solitaire.

Toute cette journée j'ai ressenti un etouffement.. de plus en plus fort au fur et a mesure que les heures passaient. Et pourtant j'ai une vie de totale liberté, sans contraintes apparentes, ne serait ce que pour aller travailler..

Je me fais peur parfois... capable de detruire en quelques secondes certains aspects de ma vie que je cheris si fort au fond de moi, mais qui titillent inconsciemment cette sonnette d'alarme si sensible : et si tout ceci finissait par m'engloutir dans le gouffre de la routine et de l'etouffement ?? Alors encore une fois je prends les devants...

Par chance la victime cette fois n'est rien d'autre que ma vie virtuelle...  

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