Premiers frissons
Il se glisse par ma fenetre entr'ouverte, offrant un souffle de vie a ces drapés devenus fantomes d'un instant, m'approche et m'enveloppe..
Je ne l'ai pas senti arriver mais il est la.. si perceptible a present. S'aventure le long de mon corps, peut etre trop peu vetu, monte lentement tout au long de mon bras, chuchotte dans mon cou et soudain me traverse..
Premiers frissons.. Il n'est pas si tard et pourtant, il est deja present cet air un peu trop frais des soirées de fin de saison.
Il appelle l'automne, les journées qui se font de plus en plus courtes.. oh joie pour moi qui aime plus que tout vivre dans la penombre.
Premieres fraicheurs du soir tandis que l'eglise sonne les heures ; je n'arrive pas a me rechauffer et reve de me blottir dans ses bras.. ce qui je sais n'arrivera jamais, du moins jamais le soir, jamais quand il se fait tard.. et seule sous l'abri tiede de mes draps je ne peux qu'en rever, imaginer..
Le jour decline de plus en plus, rapidement...
De l'autre coté de la rue, sous une lumiere artificielle, elle m'offre a nouveau sa silhouette au sortir de son bain.. la vitre face a elle ne la protege en rien, pas plus qu'elle ne le faisait l'hiver passé.
Sans bruit je la regarde ; distraitement je la regarde ; intriguée je la regarde.. Devrais-je le lui dire quand je la vois rentrer le soir ? Il n'y a aucune souffrance quand on est dans l'ignorance..
Je detourne les yeux une fois qu'elle a disparue, pour retourner a mes pensées vagabondes.. Ce regard sur ma droite est preuve que chaque observateur peut etre observé.. l'univers du "trottoir d'en face" n'est qu'un jeu de pile ou face..
Par Tenebrae76, Lundi 3 Septembre 2007 à 22:03 GMT+2 dans In Profundis (article, RSS)







