Bien curieux petit peuple

Qui étaient-ils donc.. qui ou qu'est ce ?

Il ne leur a fallu que quelques minutes, profitant du moment ou je me suis assoupie. Le repas était pourtant leger, frugal meme, mais rassasiée je revassais quelques instants pres d'un banc, le nez dans l'herbe. 

Je ne les ai ni vus, ni entendus.. Sans bruit ils sont alors sortis de leur cachette, scrutant ma silhouette, se parlant a demi-mots ; juste des signes, des codes silencieux connus d'eux seuls. Curiosité plus forte que la crainte, les plus hardis d'entres-eux se sont approchés, m'ont observée.. 

Creatures freles au nez pointu, certains porteurs d'ailes translucides, d'autres vetus d'un bonnet d'antennes capricieuses, deguisés de vetements de verdure.. ils sont sortis peu a peu de leur cachette de tendres feuilles, venus voir qui donc osait venir partager aupres d'eux ces premieres heures d'apres-midi.

Le premier, moins timide, plus aventurier peut etre, n'a guere hesité et a fini par se hisser d'un battement d'ailes graciles, sur le dos de ma main. Je ne l'ai pas remarqué.. pas de suite. Il a fallu de ses amis se decident a le rejoindre, puis sa famille, et enfin son fils: ce petit etre trop fier, bien plus bagarreur que son pere.. Tous alors se sont pris au jeu d'explorer ce nouveau paysage : de collines douces en pentes abruptes, voguant au rythme de mon souffle, partant enfin a l'assaut de l'inextricable fouilli d'une foret capillaire.

Je remarquais alors leur presence, pas par leur bruit ni leur nombre, mais au moment ou celui que je pense etre le chef -au vu de sa taille et de son air si peu farouche- planté fierement au bout de mon index, me regardait sans sourciller, s'agitant en rythme sur ses jambes si freles.

D'un regard, je constatais l'ampleur de cette invasion. Au jeu de l'arroseur arrosé, me voici  contemplative contemplée, visitée, parcourue en tous sens..
D'un mouvement brusque je decide alors de mettre un terme a ce petit jeu.. et d'un revers de la main en chasse les derniers resistants. 
A force de m'assoupir pres des arbres aux feuilles naissantes, de fermer les yeux et me rever sylvidre.. il n'est pas etonnant que nombre de minuscules farfadets finissent par se meprendre... 

 

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